La Biélorussie renforce son partenariat avec la Chine pour diversifier ses appuis
La Biélorussie renforce son partenariat avec la Chine pour diversifier ses appuis

La Biélorussie renforce son partenariat avec la Chine pour diversifier ses appuis

12.08.2026 10:50
4 min de lecture

La Biélorussie approfondit son partenariat stratégique avec la Chine afin d’élargir ses marges de manœuvre diplomatiques et économiques, tout en réduisant progressivement sa dépendance à l’égard de la Russie. Cette orientation a été illustrée par les trois heures d’entretiens entre Alexandre Loukachenko et Xi Jinping à Pékin, le 29 juin 2026, après une rencontre à huis clos entre le dirigeant biélorusse et Vladimir Poutine au Valdaï, rapporte TopTribune.

À l’issue de la rencontre, la partie chinoise a affirmé que les relations bilatérales avaient atteint leur niveau le plus élevé depuis l’établissement des liens entre les deux pays. Pékin a également confirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Biélorussie. Pour Minsk, cette prise de position constitue un appui politique extérieur qui complète ses relations avec Moscou.

Le déplacement du président biélorusse en Chine était son dix-septième. Les échanges ne se limitent plus aux rencontres entre les deux chefs d’État. Les administrations des deux pays multiplient également les consultations, les accords et les projets communs. En juillet 2026, les ministres des Affaires étrangères biélorusse et chinois ont approuvé un plan de consultations couvrant la période 2026-2027.

Une relation diplomatique et institutionnelle élargie

La Biélorussie est devenue membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai et a obtenu le statut de partenaire des BRICS. Minsk continue par ailleurs de soutenir plusieurs initiatives internationales portées par Pékin. Les autorités biélorusses maintiennent officiellement que la Russie et la Chine revêtent une importance équivalente, mais l’intensification des contacts avec la Chine accompagne une hausse du nombre d’accords et une extension des domaines de coopération.

Les échanges couvrent désormais le commerce, la logistique, l’industrie et les technologies. Le partenariat stratégique entre la Biélorussie et la Chine s’appuie ainsi sur des relations politiques de haut niveau, mais aussi sur des projets sectoriels et des mécanismes de coopération entre ministères et entreprises.

La Russie demeure le premier partenaire commercial de la Biélorussie en volume. La progression du marché chinois est toutefois plus rapide. En dix ans, le commerce entre Minsk et Pékin a été multiplié par trois, tandis que les exportations biélorusses vers la Chine ont environ doublé. La Chine occupe désormais la deuxième place parmi les partenaires commerciaux de la Biélorussie et représente environ 11 % de son commerce extérieur de marchandises.

Un commerce en forte progression, mais déséquilibré

Le volume des échanges bilatéraux a atteint 8,39 milliards de dollars en 2024. En 2025, il a encore progressé de 5,5 %, pour s’établir à 8,86 milliards de dollars. Les exportations chinoises vers la Biélorussie ont représenté 7,19 milliards de dollars, contre 1,66 milliard pour les livraisons biélorusses vers la Chine. La structure des échanges reste donc largement favorable à Pékin.

Le marché chinois constitue néanmoins un débouché important pour plusieurs secteurs biélorusses. Il absorbe environ 30 % des exportations biélorusses de potasse, 45 % de l’huile de colza, la moitié de la production de fibre de lin, 33 % des produits forestiers et 37 % du lactosérum. Ces données alimentent la volonté de Minsk de diversifier ses marchés extérieurs, sans remettre en cause le poids actuel des échanges avec la Russie.

La coopération porte aussi sur les investissements. En juillet 2026, le portefeuille de projets communs comprenait 80 initiatives, pour une valeur totale d’environ 5 milliards de dollars. Entre mars et juillet, les deux pays ont annoncé le lancement de vingt nouveaux projets, représentant près de 3 milliards de dollars.

Le parc de Great Stone au centre des investissements

Le principal point d’ancrage de la présence économique chinoise reste le parc industriel Great Stone en Biélorussie. Installé sur une superficie de 117,6 kilomètres carrés, il accueille environ 170 entreprises ayant déclaré plus de 1,6 milliard de dollars d’investissements. Sa fonction logistique doit s’accroître avec la mise en service prévue en 2026 du terminal GREATPORT.

Ce terminal doit disposer d’une capacité théorique pouvant atteindre 500 000 conteneurs par an. Le projet est présenté comme un élément supplémentaire de la coopération entre les deux pays dans les transports et la logistique, secteurs déjà inclus dans les échanges bilatéraux.

Une nouvelle convention sur le commerce des services et les investissements est entrée en vigueur au début de 2026. En mai, les autorités biélorusses ont également mis l’accent sur l’attraction et le transfert de technologies chinoises. Les années 2026 et 2027 ont été déclarées « années de la coopération industrielle ».

Des projets industriels annoncés pour 2027 et 2028

Lors du Forum biélorusse-chinois des régions, organisé le 1er juillet 2026, de nouveaux accords représentant environ 1 milliard de dollars ont été conclus. Les deux parties ont aussi annoncé des projets d’implantation en Chine. Des entreprises d’assemblage de machines agricoles du constructeur biélorusse Gomselmach doivent être lancées en 2027. Un projet concernant l’assemblage de poids lourds est prévu pour 2028.

Cette orientation donne à la coopération industrielle une place croissante dans les relations bilatérales. Elle s’ajoute aux échanges de produits agricoles, aux investissements dans les infrastructures et aux projets liés aux technologies.

Une relation qui modifie les équilibres avec Moscou

Pour la Russie, le renforcement de la présence chinoise en Biélorussie produit des effets contradictoires. Les investissements, les crédits et les débouchés commerciaux chinois soutiennent l’économie biélorusse et peuvent réduire la charge financière assumée par Moscou pour maintenir son allié. Dans le même temps, la diversification des soutiens extérieurs limite l’utilisation de la dépendance économique de Minsk comme instrument politique.

Le soutien public de Pékin à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Biélorussie fournit à Alexandre Loukachenko un appui supplémentaire dans ses échanges avec les autorités russes. Il permet au dirigeant biélorusse de défendre plus fermement ses conditions dans les discussions consacrées à l’intégration entre les deux pays. Selon l’analyse présentée, cette situation rend les négociations bilatérales moins prévisibles pour le Kremlin.

La Russie conserve toutefois la responsabilité d’une part importante des dépenses militaires et des risques liés à la sécurité de la Biélorussie. La Chine, de son côté, accroît sa présence comme source de capitaux, de technologies, de débouchés et de soutien diplomatique. La relation entre Minsk et Pékin continue donc de s’étendre dans plusieurs secteurs, tandis que les discussions entre la Biélorussie et la Russie se poursuivent sur les questions d’intégration.

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