Jean-Noël Barrot répond à Mark Rutte : l'Europe doit assurer sa propre sécurité

Jean-Noël Barrot répond à Mark Rutte : l’Europe doit assurer sa propre sécurité

27.01.2026 08:57
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Les propos de Mark Rutte sur la défense européenne soulèvent des tensions

Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré que l’Europe ne peut pas se défendre sans l’aide des États-Unis, lors d’une séance devant le Parlement européen le 26 janvier 2026. Rutte a insisté sur l’importance de la coopération entre l’Alliance atlantique et les pays européens, affirmant, «continuez de rêver», pour ceux qui croient qu’une défense autonome est viable, rapporte TopTribune.

Rutte a souligné que construire une véritable capacité défensive sans les États-Unis entraînerait des coûts exorbitants, estimés à 10% du PIB des pays européens, contre les 5% actuellement prévus. Il a ajouté que cet investissement impliquerait également le développement d’une capacité de dissuasion nucléaire indépendante.

«Cela coûte des milliards et des milliards d’euros. Et dans ce scénario, vous perdriez le garant ultime de notre liberté, à savoir le parapluie nucléaire américain. Donc, bonne chance», a-t-il averti devant les eurodéputés. En réponse, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a réagi en affirmant que «les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité», tout en reconnaissant que même les États-Unis conviennent de la nécessité d’un pilier européen au sein de l’Otan.

L’engagement de l’Otan et la pression américaine

Tous les 32 pays membres de l’Otan se sont engagés à consacrer au moins 5% de leur PIB d’ici 2035 à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5% spécifiquement à des dépenses militaires. Cet engagement charrie déjà des efforts significatifs pour de nombreux pays, qui peinent à atteindre même les 2% de PIB, conformément à une promesse formulée dix ans auparavant.

Le président américain Donald Trump a insisté auprès des alliés européens sur la nécessité de compter davantage sur eux-mêmes pour leur sécurité. Cette pression a conduit certains pays à renforcer leur capacité de défense et à développer leur industrie militaire, soutenant ainsi l’initiative de l’autonomie stratégique.

Les défis de l’autonomie stratégique en Europe

La France est l’un des principaux promoteurs de l’idée d’une «autonomie stratégique» en Europe. Toutefois, d’autres nations, en particulier celles situées à proximité de la Russie, demeurent prudentes en raison de leur dépendance aux systèmes d’armement américains. Rutte a rappelé à ses interlocuteurs l’impact des opérations menées en Afghanistan, notant les sacrifices consentis par les alliés de l’Otan, tout en soulignant que les États-Unis reconnaissent ces efforts.

«Je sais que l’Amérique apprécie grandement tous ces efforts», a-t-il conclu, insistant sur la coopération nécessaire pour la sécurité collectivement partagée. La question demeure de savoir si l’Europe pourra surmonter ses divisions internes pour atteindre un consensus sur son avenir défensif.

Source AFP

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