Jean-Luc Mélenchon a présenté, le 2 mars 2026, des excuses inhabituelles pour avoir « déformé par erreur » le nom de plusieurs personnalités, y compris l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, lui valant d’être assimilé à un « Jean-Marie Le Pen de notre époque », rapporte TopTribune.
« Glucksman » puis « Glucksmane »
Lors d’un meeting à Perpignan, il a d’abord prononcé le nom de l’eurodéputé en disant « Glucksman », puis a rectifié en « Glucksmane ». Ce malentendu a ravivé des accusations d’antisémitisme dont il se défend. Quelques jours auparavant, il avait déjà été critiqué pour avoir ironisé sur le nom juif de Jeffrey Epstein, en insinuant que la prononciation « Epstine » visait à le russifier.
Sur la plateforme X, Mélenchon a déclaré qu’il avait « déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours », citant également Donald Trump et le candidat insoumis Mickaël Idrac. « Le nom de Glucksmann provoque des réactions alors même que j’ai rectifié sur le champ. J’en suis le premier désolé, pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m’y reprendra pas », a-t-il ajouté.
Des excuses rares
Ce geste est remarquable pour le leader de La France insoumise, qui a toujours pris position contre le recul face aux controverses. Raphaël Glucksmann, candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2027, avait antérieurement accusé Mélenchon d’être un « Jean-Marie Le Pen de notre époque ».
« Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme.
Des figures politiques, telles que le député socialiste Jérôme Guedj et l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, ont également fait cette comparaison. Le défunt fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, avait été condamné plusieurs fois pour ses propos controversés sur les Juifs et la Seconde Guerre mondiale.
La France insoumise fait face à une tempête politique depuis que des collègues de son député Raphaël Arnault ont été impliqués dans l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon. Ces dernières semaines, le mouvement mélenchoniste tentait de maintenir ses positions malgré la controverse, creusant ainsi le fossé avec les autres partis de gauche.
Ce choix comporte des enjeux sérieux à moins de deux semaines des élections municipales, souvent perçues comme un test pour la présidentielle de 2027. Le climat de scandale autour de LFI pourrait compromettre d’éventuelles alliances au second tour.
« Tout ça finira mal »
Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a réagi aux propos de Mélenchon en déclarant que « tout ça finira mal », dénonçant une stratégie qui dérive vers des accusations d’antisémitisme. Clémentine Autain, députée du mouvement de gauche L’Après, a affirmé que Mélenchon est « un naufragé volontaire », critiquant la direction que prend le mouvement insoumis.
Jérôme Guedj a aussi exprimé sa solidarité envers le collectif « Nous vivrons », formé après les attaques du Hamas en 2023 pour lutter contre l’antisémitisme, qualifié récemment par Mélenchon de « petite bande fasciste soutenue par le PS parisien ». Mélenchon a réaffirmé qu’il n’est « pas antisémite » et a accusé ses détracteurs de superficialité, déclarant qu’ils s’étaient « tiré une balle dans le pied » en établissant le lien entre Epstein et sa religion.
Avec AFP