Des inquiétudes grandissantes face à la résurgence des maladies infectieuses
La mort d’une laborantine à l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, en Sibérie, le 2 octobre 2025, suscite des craintes sur la résurgence de maladies infectieuses. La jeune femme, qui aurait succombé à une pneumonie d’origine indéterminée selon les autorités russes, ravive les préoccupations sanitaires, souligne l’actualité mondiale des infections, rapporte TopTribune.
Cette inquiétude n’est pas nouvelle, surtout aux États-Unis, où une flambée de rougeole sans précédent fait rage. Au 1er octobre 2025, le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a enregistré 3 887 cas confirmés, en nette augmentation par rapport aux 2 289 cas de l’année précédente et 285 en 2024.
Une conséquence de la défiance contre les vaccins
Ce retour des maladies « oubliées » appelle une réflexion sur la défaillance des systèmes de santé, exacerbée par la diminution des vaccinations infantiles. La Maison-Blanche, sous l’administration de Donald Trump, tente de réformer les politiques vaccinales, ce qui inclut des positions controversées du secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses opinions antivaccins. Cet été, Trump a signé un décret recommandant d’espacer la vaccination des enfants pour la rougeole, la rubéole et les oreillons.
Des experts attribuent cette recrudescence à la baisse significative des couvertures vaccinales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2025, 13,5 millions d’enfants n’avaient pas reçu de vaccination, dont près de 21 millions n’avaient pas reçu leur première dose de vaccin contre la rougeole. Cette situation entraîne des répercussions visibles en Europe, où plus de 125 000 cas de rougeole ont été constatés en 2024, soit le double de 2023 et la plus forte augmentation en près de 30 ans. Au total, 60 pays ont connu des épidémies sévères de rougeole.
Fièvre jaune et choléra en pleine recrudescence
La fièvre jaune pose également un problème, avec une augmentation préoccupante sur le continent américain en 2025. Entre janvier et mai, six pays ont signalé 79 cas. En Afrique, plusieurs pays sont touchés, suscitant l’inquiétude de l’OMS sur la situation sanitaire actuelle.
En ce qui concerne le choléra, son expansion est liée à des conditions sanitaires médiocres. Depuis 2021, cette maladie connaît une résurgence au niveau mondial, avec 451 000 cas et 7 870 décès rapportés en 2025. Le nombre de morts a augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente, atteignant son niveau le plus élevé depuis 1999.
Le désengagement financier des États-Unis
Un autre facteur aggravant est le désengagement financier des États-Unis, qui pourrait avoir réduit l’aide extérieure à la santé de 30 à 40 % en 2025 par rapport à 2023. Cela inclut des menaces quant à la dissolution de l’USAID, l’agence fédérale responsable de l’aide humanitaire, qui représentait environ la moitié des financements internationaux pour lutter contre la tuberculose. L’OMS exprime des préoccupations quant à la pérennité des efforts de santé publique déployés ces dernières décennies.
