L'émergence des virus : analyse des causes de notre exposition croissante

L’émergence des virus : analyse des causes de notre exposition croissante

26.06.2026 09:27
2 min de lecture

Les épidémies de grippe aviaire et de dermatose nodulaire bovine témoignent d’une réalité inquiétante : l’espèce humaine et les animaux sont de plus en plus confrontés à une multitude de virus émergents. Ces dernières années, des virus tels que l’Ebola, le Zika, le Covid-19, le Mpox et le chikungunya ont refait surface, entraînant des crises sanitaires mondiales, rapporte TopTribune.

Selon l’Institut Pasteur, les vagues épidémiques n’ont jamais été aussi nombreuses. « Avant le XXe siècle, une pandémie se déclarait tous les siècles en moyenne. Depuis le début du XXIe siècle, six pandémies se sont déjà produites, toutes causées par des virus issus du monde animal : SRAS, grippe H1N1 pandémique, MERS-CoV, Zika, Ebola et tout récemment Covid-19 », souligne l’institut. Des virus tels que Nipah, le virus du Nil occidental ou la fièvre de la vallée du Rift demeurent également sous étroite surveillance.

Pourquoi sommes-nous davantage exposés aux virus ces dernières années ?

D’après un article du virologiste Yannick Simonin, publié le lundi 15 juin 2026 sur le site The Conversation, les virus évoluent à une vitesse vertigineuse. « Ils mutent en moyenne de 100 à 10 000 fois plus vite que les bactéries, environ 1 000 fois plus vite que les parasites, et jusqu’à 100 000 fois plus vite que nos propres cellules ! », explique-t-il.

La plupart des virus circulent continuellement sans causer de maladies, souvent au sein de réservoirs animaux. « Le problème se pose lorsque ces animaux, que l’on peut considérer comme des ‘porteurs sains’, rencontrent une autre espèce sensible à ces virus ‘silencieux’. Le virus peut alors provoquer des symptômes plus ou moins sévères et se propager, jusqu’à entraîner une épizootie chez les animaux ou une épidémie chez l’être humain », affirme Simonin. Bien que les virus aient toujours existé, l’activité humaine crée un contexte particulièrement favorable à leur propagation.

Déforestation, élevage intensif…

La déforestation est un des facteurs majeurs contribuant à cette exposition accrue. Elle rapproche les espèces sauvages des espèces d’élevage, augmentant les interactions et les risques de transmission. La perte de diversité des espèces, de plus en plus marquée ces dernières années, facilite aussi la circulation des agents infectieux, comme l’explique Simonin : « la perte de diversité des espèces que nous observons ces dernières années peut faciliter la transmission des agents infectieux en supprimant cet effet de dilution ». L’élevage intensif, bien qu’il ne génère pas les virus, facilite leur transmission entre animaux et, à terme, vers l’homme.

Les zones de vente de viande d’animaux sauvages, tel que le marché de Wuhan, constituent également un risque significatif, en raison de la présence potentielle d’agents pathogènes non répertoriés, comme l’indique l’OMS.

L’approche One Health pour optimiser la santé des animaux, des Humains et des écosystèmes

Les grands centres urbains accentuent la transmission des virus via des transports en commun, des centres commerciaux, etc. Les virus bénéficient de la mondialisation, se propageant rapidement grâce aux déplacements de populations et de marchandises. De plus, le dérèglement climatique joue un rôle important dans la propagation des virus, en élargissant l’habitat des moustiques et en forçant les animaux sauvages à migrer vers des zones habitées.

Avec toutes ces conditions réunies, de nouveaux virus peuvent émerger à tout moment. L’approche One Health vise donc à établir des liens entre la santé humaine, animale et environnementale pour mieux contrôler l’apparition de ces maladies. « Pour anticiper l’émergence de ces maladies infectieuses chez l’homme et les contrôler au mieux, il est indispensable de développer une approche globale reconnaissant l’interdépendance étroite entre la santé humaine, animale et environnementale », conclut l’Institut Pasteur.

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