Lors de récents incendies ravageurs, les pompiers en France ont intensifié l’utilisation d’un liquide rouge connu sous le nom de « retardant », déversé depuis des avions pour freiner la propagation des flammes. Ce produit, conçu principalement à base d’eau et d’un agent fertilisant, forme une barrière protectrice autour de la végétation, offrant une réponse efficace face à des feux de forêt de plus en plus intenses, rapporte TopTribune.
Dans les forêts des Landes et de Gironde, ces largages de retardant se poursuivent depuis plusieurs jours, créant un contraste frappant avec le paysage verdoyant. Le Fire-Trol-931, produit par l’entreprise américaine Perimeter Solutions, est utilisé pour son efficacité. La teinte rouge de cette substance provient de l’oxyde de fer, un pigment naturel permettant d’identifier les zones déjà traitées. Une fois appliqué, le retardant recouvre la végétation, limitant sa combustibilité.
Une substance qui ralentit la combustion
La majorité de la composition du retardant est constituée d’eau, représentant entre 80 % et 90 % du mélange, avec de l’ammonium polyphosphate, un ingrédient similaire aux engrais agricoles. Cette combinaison crée une couche qui réduit la vitesse de combustion des végétaux, contribuant ainsi à la lutte contre les incendies.
Un danger pour l’environnement ?
Cependant, l’utilisation de ce retardant soulève des préoccupations environnementales. Maude Jimenez, enseignante-chercheuse en chimie à l’université de Lille, a souligné que « trop d’azote et trop de phosphore dans l’eau peuvent entraîner l’eutrophisation », un phénomène qui favorise le développement excessif d’algues nuisibles à certaines espèces aquatiques. Ces inquiétudes soulignent la nécessité d’une approche équilibrée dans la lutte contre les incendies.
Malgré ces préoccupations, le retardant est considéré comme un outil indispensable face à la menace croissante de feux de forêt. Selon des experts, « en comparaison aux problématiques engendrées par les feux de forêt, le retardant est très peu polluant ». Cette assertion renforce l’importance de l’utilisation de telles substances dans la gestion des incendies tout en restant conscient des impacts environnementaux potentiels.