C’est une situation pour le moins étonnante qui a bouleversé le secteur agroalimentaire chilien : un salarié de la société Consorcio Industrial de Alimentos (ou Cial) a reçu en mai 2022 un virement pour le moins inattendu. Au lieu de son salaire habituel de 522 €, un montant de 172 000 € a été crédité sur son compte. Après une longue série de procédures judiciaires, la justice chilienne a tranché en faveur de cet ancien salarié, lui permettant de conserver la somme, rapporte TopTribune.
Les circonstances de l’erreur
L’incident s’est produit dans un contexte pour le moins chaotique. Le salarié, un assistant de répartition dont le nom demeure inconnu, a d’abord semblé prendre ses distances après avoir perçu ce montant excessif. Dans les jours suivant le 30 mai 2022, lorsque l’erreur a été repérée, il a immédiatement contacté son employeur afin d’alerter sur le problème, avant de disparaître pendant plusieurs jours. Par la suite, il a démissionné par le biais de son avocat, rompant ainsi tout lien formel avec Cial.
Cet événement a suscité l’intérêt des médias, notamment le Diario Financiero au Chili et Le Figaro en France. La journaliste Maud Descamps a exprimé son étonnement à ce sujet : « C’est assez incroyable, 172 000 € au lieu des 522 € qu’il touchait chaque mois ».
Une bataille judiciaire prolongée
Cial, désireux de récupérer cette somme inattendue, a rapidement porté l’affaire devant les tribunaux. Cependant, après plus de trois ans de procédures, les juges ont conclu que l’employé n’avait pas à remettre l’argent. L’entreprise a exprimé son désaccord et annoncé son intention d’engager toutes les actions légales nécessaires, y compris un recours en nullité, pour contester cette décision.
Cette situation a également mis en lumière les divergences juridiques existantes entre le Chili et d’autres nations. Comme l’a noté Maud Descamps, « si un tel cas survenait en France, l’employeur disposerait de trois ans pour agir ».
Il est intéressant de constater que cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des entreprises en matière de gestion des salaires, ainsi que sur les lois régissant les erreurs de paiements. Les implications de ce jugement pourraient avoir des répercussions sur la manière dont les entreprises gèrent leurs opérations financières et sur les droits des employés dans des situations similaires.
En conclusion, cette affaire met en lumière les enjeux liés à la conformité et à la transparence dans le secteur des ressources humaines et la nécessité pour les entreprises de réévaluer leurs processus de contrôle financier. Le cas de Cial pourrait servir d’exemple pour d’autres entreprises afin d’éviter des situations similaires à l’avenir, tout en rappelant l’importance de la protection des droits des travailleurs face aux erreurs administratives.