Hiver sur la Côte d'Azur : les Britanniques et le remède au surmenage victorien

Hiver sur la Côte d’Azur : les Britanniques et le remède au surmenage victorien

08.06.2026 20:26
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Culture / Santé

À la fin du XIXe siècle, médecins et écrivains britanniques dénonçaient les effets d’une existence toujours plus rapide et les premiers signes du burn-out moderne. Pour traiter l’épuisement, ils prescrivaient le repos, le grand air et l’oisiveté assumée, notamment à Menton, dans le sud-est de la France.

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Le burn-out, souvent considéré comme un phénomène moderne, avait des antécédents au XIXe siècle en Angleterre, alors décrit comme le «surmenage». Cette période était marquée par l’industrialisation et l’expansion impériale, générant un rythme de vie effréné. Des médecins comme C.H.F. Routh ont exposé cette problématique, suggérant que l’épuisement mental nécessitait une remise en question des modes de vie, rapporte TopTribune.

Les Victoriens, tout en étant fervents du travail selon le philosophe Thomas Carlyle, s’inquiétaient également des conséquences de cette dévotion sur leur santé. Le neurologue américain George Miller Beard avait introduit la neurasthénie, tandis que, au Royaume-Uni, le surmenage était perçu comme une fierté masculine, généralement associé à la classe supérieure.

Les médecins faisaient preuve d’une préoccupation particulière, comme le mentionne Routh en évoquant le docteur Golding Bird, qui lui conseillait de prendre du repos pour éviter un épuisement précoce. Ironiquement, Bird lui-même est décédé jeune, à 39 ans, quelques semaines après avoir donné ce conseil.

Voyager pour retrouver la santé

Pour les classes aisées, le remède au surmenage résidait dans des séjours en station de villégiature, notamment en Europe. William Chambers, dans son œuvre de 1870, «Wintering at Mentone», relatait son expérience de guérison à Menton, mettant en avant la nécessité de repenser son mode de vie face à un épuisement causé par ses fonctions de lord-maire d’Édimbourg.

Menton devint rapidement une destination prisée pour les Britanniques cherchant à se soigner, en grande partie grâce aux écrits du médecin James Henry Bennet, qui préconisait les avantages du climat de la Côte d’Azur pour guérir diverses affections, y compris la tuberculose. Bennet affirmait que le climat de Menton favorisait la santé et la convalescence.

En 1859, après avoir souffert de phtisie, Bennet se déplaça sur la Côte d’Azur, où il constata une amélioration significative de sa santé. Ce succès personnel boosta sa réputation, transformant Menton en une station thermale reconnue, accueillant une clientèle anglaise grandissante qui profitait des bénéfices d’un environnement sain.

La révolution de la climatologie médicale

Bennet fut une figure clé du développement de la climatologie médicale, argumentant que l’air pur et le beau temps étaient essentiels pour traiter des maladies respiratoires. Ce mouvement apparut comme une réponse au smog épais qui touchait les villes industrielles britanniques.

La méthode de Bennet était à la fois novatrice et simple : elle recommandait aux malades de quitter les environnements surchauffés pour se promener dans la nature, profitant des paysages et de la lumière du soleil sans nécessiter de médicaments. Cette approche ludique réservait un traitement au grand âge ou aux personnes fragiles, permettant une adoption d’un rythme de vie plus tranquille.

Pour traiter le surmenage, le temps constituait l’élément essentiel. Il fallait permettre aux malades de s’abandonner à un état d’«oisiveté légitime» au contact des vertus réparatrices de la nature.

Bennet préconisait des séjours prolongés de trois mois, très différents des courtes périodes de bien-être d’aujourd’hui. Pour lui, il était crucial d’embrasser une forme d’«oisiveté légitime»

La reine Victoria, avec son fils atteint d’hémophilie, et de nombreux écrivains et artistes britanniques trouvèrent refuge à Menton, célébrant les plaisirs et les défis de ce mode de vie. Ces influences ont indiscutablement façonné l’image de Menton comme destination de guérison au XIXe siècle.

Mon ouvrage, «In Quest of a Cure: Literary and Medical Cultures of the Health Resort», examine ces dynamiques et explore davantage la manière dont le temps est devenu un facteur essentiel dans la lutte contre le surmenage à l’époque victorienne.

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