Guillaume Faury d’Airbus fixe les objectifs de livraison malgré des défis moteur
Le 3 septembre 2026, lors d’un entretien exclusif au siège d’Airbus à Toulouse, le président exécutif du groupe, Guillaume Faury, a réaffirmé la volonté de maintenir les objectifs de livraison d’avions pour cette année, malgré des difficultés rencontrées avec les moteurs Pratt & Whitney, rapporte TopTribune.
Faury a expliqué que, bien qu’Airbus ait subi un premier trimestre délicat, le deuxième trimestre a été couronné de succès. Les problèmes liés aux livraisons de moteurs ont été maîtrisés. Un nouvel accord a été établi avec Pratt & Whitney, permettant de clarifier le nombre de moteurs devant être reçus en 2026 et les années suivantes, bien qu’un désaccord commercial persiste concernant les volumes promis en 2026.
En revanche, le motoriste CFM, qui fournit les moteurs de la famille A320, a respecté ses engagements et a même surpassé les prévisions de livraison. Grâce à cela, Airbus reste sur la voie d’un objectif de 870 livraisons pour 2026, un chiffre qui reflète le retour à des niveaux d’avant la pandémie, où 863 appareils avaient été livrés en 2019.
Concernant l’objectif de produire environ 75 A320 par mois d’ici fin 2027, Faury a exprimé des réserves tout en affirmant que l’outil industriel est désormais pleinement opérationnel. Airbus peut désormais assembler des A320 et A321 sur dix lignes d’assemblage, en hausse par rapport à quatre pour les A321 auparavant. L’entreprise prévoit également d’augmenter la cadence des avions long-courriers, notamment l’A350.
S’agissant du successeur de l’A320neo, Faury a indiqué que des progrès considérables ont été réalisés, tout en restant discret sur les détails. Il a précisé que le futur appareil sera économe en carburant, consommant entre 20 et 30 % de moins qu’un A321neo, grâce à des améliorations sur la propulsion et l’aérodynamique.
Le nouvel appareil devrait également être compatible à 100 % avec des carburants d’aviation durables, une avancée majeure depuis que la limite actuelle est de 50 %. Airbus envisage de lancer le programme en 2030 pour une entrée en service prévue dans la seconde moitié de la prochaine décennie, avec un investissement total de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Concernant le projet d’un avion commercial à hydrogène, Faury a déclaré qu’après cinq ans d’études, la compétitivité d’un tel appareil face aux modèles traditionnels est insuffisante pour le marché actuel. Airbus entend procéder à des développements technologiques qui pourront rendre un avion à hydrogène viable dans le futur.
Le projet BROMO, qui vise à regrouper les activités spatiales d’Airbus, Thales Alenia Space et Leonardo, est jugé crucial par Faury pour renforcer la compétitivité européenne face aux acteurs américains. L’objectif est de créer un partenariat qui permettra d’investir dans de nouvelles technologies et de remporter davantage de contrats.
Enfin, Airbus a récemment intensifié ses recrutements en France, avec 3 200 embauches en 2025 et entre 20 000 et 25 000 recrues dans l’ensemble du secteur aéronautique depuis 2023. Bien que le rythme de recrutement puisse ralentir une fois les objectifs de production atteints, la demande pour l’A350 long-courrier souligne la nécessité d’une main-d’œuvre supplémentaire.