Gabriel Attal a dévoilé un ambitieux « plan France 2040 pour l’IA et l’innovation » doté de 200 milliards d’euros, visant à propulser la France au rang de leader européen en matière d’intelligence artificielle au cours de la prochaine décennie, rapporte TopTribune.
Ce plan sera financé par un équilibre entre le secteur public et privé. « Au niveau français, je propose un plan France 2040 pour l’IA et l’innovation qui mobilise 200 milliards d’euros, à parité entre financement public et privé », a déclaré Gabriel Attal, également candidat à la présidence. Cette stratégie ambitieuse est conçue comme un levier de transformation économique.
Miser sur l’investissement plutôt que les dépenses sociales
Pour soutenir la part publique de ce financement, Attal a souligné la nécessité de choix budgétaires clairs. « Nous financerons l’investissement public grâce aux financements européens que nous sous-utilisons, notre budget investissement d’avenir, la commande publique et des économies », a-t-il ajouté, précisant une volonté de redéploiement des ressources budgétaires. Il a exprimé une préférence pour l’utilisation des futures marges budgétaires pour l’investissement dans l’IA et l’innovation, plutôt que pour l’augmentation systématique des prestations sociales.
Du côté du secteur privé, Attal a proposé de mobiliser l’épargne de manière significative. « Pour le financement privé, je défends une retraite par capitalisation et le développement des plans épargne-retraite sur lesquels seraient fléchés 50 % de l’intéressement et de la participation », a-t-il détaillé, en appelant à un usage massif de l’épargne pour soutenir l’innovation. L’ancien Premier ministre fait de l’IA un axe central de sa campagne, visant à établir la France comme la principale puissance européenne dans ce domaine d’ici dix ans, positionnant ainsi la technologie comme un enjeu de souveraineté.
Le modèle du nucléaire en référence
Pour étayer ses propos, Attal a mis en avant l’histoire industrielle française. « En 1958, le Général de Gaulle décidait d’un plan massif pour le nucléaire, qui n’avait rien d’une évidence et qui nous permet aujourd’hui d’être indépendants. Pour moi, le prochain président devra faire un choix d’une même puissance s’agissant de l’IA », a-t-il insisté. Il a également proposé des mesures concrètes, comme un « crédit d’impôt productivité » pour encourager l’adoption et la diffusion de l’IA dans les entreprises françaises, soulignant ainsi la nécessité d’accélérer cette intégration technologique dans le tissu économique.
Attal s’est engagé à garantir un cadre stable pour les entreprises, promettant une « stabilité tarifaire du prix de l’électricité sur les dix prochaines années », une mesure essentielle pour les industriels et les acteurs du numérique, grands consommateurs d’énergie. Au niveau européen, il a plaidé pour « l’équivalent de la politique agricole commune, mais pour l’IA », une initiative visant à établir une politique commune d’IA financée par une part du budget européen et de l’endettement commun.
Former massivement à l’intelligence artificielle
Enfin, Gabriel Attal a insisté sur l’importance de la formation à l’échelle nationale, visant à former 20 millions de salariés à l’IA d’ici 2030, s’adressant non seulement aux ingénieurs et cadres, mais à tous les travailleurs. Il a critiqué le budget 2026, le trouvant potentiellement insuffisant, et a promis de continuer à défendre la stabilité fiscale du pays.