À l’occasion du centenaire de sa naissance, « C’est en France » met en lumière le parcours extraordinaire de Frantz Fanon : engagé volontaire à 18 ans pour lutter contre le nazisme, écrivain inflexible contre le racisme et le colonialisme, psychiatre novateur et fervent défenseur de l’indépendance algérienne, rapporte TopTribune.
Né en 1925, Frantz Fanon est une figure emblématique de la lutte anticoloniale et antiraciste, refusant de « s’économiser ». Pendant sa vie brève, il n’a jamais cessé de déployer tous ses efforts pour « la cause des peuples, la cause de la justice et de la liberté. »
- Seconde Guerre mondiale : éveil des consciences
À l’âge de 18 ans, il quitte son île natale de Martinique pour s’engager avec les forces françaises libres du Général de Gaulle. Ce jeune soldat fait preuve d’un courage exemplaire en combattant les nazis, recevant des distinctions pour son engagement. Cependant, cette reconnaissance s’avère trompeuse : malgré ses efforts, il subit le racisme, tant dans l’armée que dans la société civile. En France, ses actions seront souvent éclipsées par la couleur de sa peau.
- Les années en « métropole »
Après avoir poursuivi des études de médecine à Lyon, Frantz Fanon se fait connaître avec la publication de son premier ouvrage, intitulé « Peau noire, masques blancs », qui analyse les catégories établies par le colonialisme, offrant une voie vers l’émancipation.
Simultanément, il effectue son stage de psychiatrie à Saint-Alban, en Lozère, sous la direction de François Tosquelles, un psychiatre espagnol antifasciste exilé. Tosquelles lui enseigne une méthode novatrice de thérapie sociale, mettant en avant le respect des patients souffrant de troubles mentaux.
- Engagement en Algérie
En 1953, Frantz Fanon est muté en Algérie française, où il devient médecin chef à l’hôpital de Blida à seulement 28 ans. Suivant les principes de Tosquelles, il transforme son service, révolutionnant la pratique psychiatrique qui était jusqu’alors marquée par le racisme colonial et des pratiques inhumaines.
En parallèle, il se consacre à la révolution algérienne, prodiguant des soins aux combattants blessés. En décembre 1956, il démissionne de son poste et se rend en Tunisie, tout juste devenue indépendante, où il continue son œuvre de psychiatre. Il collabore également au journal du FLN, El Moudjahid, et représente l’Algérie lors de diverses conférences interafricaines.
Malheureusement, Frantz Fanon ne connaîtra jamais le succès de son combat. Il décède à l’âge de 36 ans d’une leucémie en 1961, un an avant que l’Algérie n’obtienne son indépendance.
Cent ans après sa naissance à Fort-de-France, Frantz Fanon demeure une figure incontournable dans la lutte contre le racisme et le colonialisme, inspirant intellectuels, artistes et militants à travers le monde.