Fiscalité des riches : la Fondation IFRAP remet en question les idées reçues.

Fiscalité des riches : la Fondation IFRAP remet en question les idées reçues.

28.09.2025 23:43
2 min de lecture

L’analyse rigoureuse effectuée par la Fondation IFRAP remet en question certaines conceptions populaires. Cet examen approfondi révèle que ce qui se présente comme une démarche scientifique ressemble plutôt à un activisme politique, visant à imposer des idées parfois simplistes concernant les inégalités, rapporte TopTribune.

Des données précises face à des arguments fallacieux

Selon les chiffres de 2022, la moyenne des impôts directs, englobant l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux et divers impôts locaux, s’élève à 18,5 % du revenu disponible brut des foyers en France. Cependant, pour le décile supérieur, cette proportion atteint un étonnant 42,1 %.

Si l’on inclut les cotisations sociales, le poids fiscal s’accroît à 54,2 % pour les contribuables les plus riches, en comparaison avec 28,4 % pour l’ensemble des ménages. En prenant en compte les taxes indirectes, notamment la TVA, le total grimpe à 66,8 % pour le dernier décile, contre 45,6 % pour la moyenne nationale.

Pour les 1 % des plus riches, le taux d’imposition direct atteint même 55,8 %, une tendance qui demeure constante pour les 0,1 %. Ces constatations s’opposent directement à l’idée répandue selon laquelle « les riches ne paient que 2 % d’impôt », une affirmation qui repose sur des interprétations erronées des données.

Lorsqu’on présente cette prétendue vérité, il n’est guère surprenant qu’un Français moyen, convaincu par les études de Piketty que la charge fiscale s’élève à 50 %, puisse soutenir l’instauration d’une nouvelle taxe comme celle suggérée par Gabriel Zucman.

Une proliferation de propositions fiscales douteuses

En dépit d’une pression fiscale déjà considérable, de nouvelles idées voient le jour : la taxe Zucman, le retour de l’ISF, l’imposition des superprofits et des dividendes, ainsi que la prolongation de la contribution sur les hauts revenus (CDHR) ou une contribution exceptionnelle sur les bénéfices. Toutefois, l’IFRAP souligne que ces initiatives reposent sur des prévisions de rendement souvent exagérées :

  • La taxe Zucman, qui prétend rapporter 20 milliards en ciblant 1 800 personnes, pourrait ne générer en réalité que 2 à 3 milliards, selon les évaluations du Sénat, posant par ailleurs des questions d’inconstitutionnalité.
  • La CDHR, que le gouvernement envisage de reconduire, serait susceptible de ne rapporter qu’entre 1,2 et 1,5 milliard. Pourtant, les très hauts revenus constituent à peine 3,6 % des revenus totaux et acquittent déjà près de 15 % de l’impôt sur le revenu.
  • En ce qui concerne les patrimoines immobiliers les plus importants, ils sont déjà assujettis à près des deux tiers de l’IFI.

Une menace sérieuse : fuite des capitaux et des talents

La Fondation met en garde contre les conséquences d’un tel matraquage fiscal. En continuant de blâmer les hauts revenus et les investisseurs, on risque de les voir partir à l’étranger, entraînant avec eux des emplois, des entreprises et des ressources financières.

À titre d’exemple, considérons une ETI d’une valeur de 250 millions d’euros. Le poids fiscal actuel atteint déjà un taux global de 60 %, sans compter la CDHR ni la taxe Zucman. Avec ces mesures additionnelles, ce taux pourrait dépasser les 110 %, un niveau que tout chef d’entreprise jugerait intolérable.

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