Fermeture de La Fabrique 16/25 à Nantes : des jeunes en situation de précarité abandonnés

Fermeture de La Fabrique 16/25 à Nantes : des jeunes en situation de précarité abandonnés

25.12.2025 12:26
2 min de lecture

La fermeture de La Fabrique 16/25 à Nantes, prévue pour le 31 décembre 2025, laisse des jeunes vulnérables sans soutien dans un contexte déjà difficile. Depuis son ouverture en 2022, cet établissement a soutenu des jeunes de 16 à 25 ans, leur offrant un accompagnement essentiel pour leur réinsertion sociale, rapporte TopTribune.

Face à un manque de financement, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) des Pays de la Loire a annoncé la fin de ce programme. Ce départ précieux dans le parcours de vie de nombreux jeunes sera ressenti comme un abandon brutal. Actuellement, 33 adolescents sont aidés, tandis que 70 ont bénéficié de ce service durant ces trois dernières années.

Précarité sociale, économique et familiale

Qui sont ces jeunes ? Catherine Brossard, psychologue au centre Tréméac, explique qu’il s’agit de jeunes issus de milieux de grande précarité, sociaux, économiques et familiaux. Beaucoup luttent contre des troubles psychiatriques et des addictions sévères, créant ainsi des difficultés cognitives et relationnelles. Une majorité de ces jeunes souffre d’un état psychologique très marquant.

La rue, souvent un lieu de violence, aggrave ces problèmes. Selon La Fabrique 16/25, 90 % de ces jeunes sont sans domicile fixe. « La rue est un lieu qui fait peur et qui fait mal », souligne Brossard. Elle ajoute que l’isolement social pourrait conduire à une perte de confiance en soi, souvent aggravée par des violences et un sentiment d’insécurité, particulièrement pour les jeunes filles.

Dans cette situation, le suivi psychiatrique devient difficile. « L’accès aux soins se fait souvent par des crises qui déclenchent des hospitalisations », explique Rosella Tritto, psychologue au centre éducatif Tréméac. « C’est compliqué de traiter une personne qui est déjà dans une situation d’urgence psychologique ».

Une succession d’abandon

En trois ans, ces jeunes ont pu compter sur l’établissement et sur une équipe d’éducateurs qui a instauré une relation de confiance. Cette dynamique a été essentielle, surtout pour ceux qui ont souvent été abandonnés. « Cela engendre une grande méfiance », note Brossard. « Lorsqu’on leur dit brutalement que ça s’arrête, c’est très violent. Il y a un vrai risque de détérioration psychique due à cette nouvelle rupture ».

« Notre mission est de maintenir ce lien éducatif et d’accompagner la reconstruction » déclare La Fabrique. Brossard confirme que l’établissement offrait un espace de répit, de dignité humaine et un regard positif sur ces jeunes, améliorant leur réalité quotidienne.

Actuellement, environ 330 000 personnes vivent sans domicile fixe en France, un chiffre doublé depuis dix ans. Parmi elles, 40 % ont moins de 25 ans. Des dispositifs comme La Fabrique constituent parfois la seule réponse à des jeunes trop âgés pour bénéficier de l’aide sociale. « La rue ne doit pas être une fatalité, il est possible d’en sortir », conclut Brossard. « Mais cela requiert un accompagnement solide et pérenne. Il faut un temps long pour surmonter ces difficultés, et les accompagnateurs doivent pouvoir offrir ce soutien sur la durée. »

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles