
Eurostar a révisé les spécifications techniques de sa commande de nouveaux trains auprès d’Alstom, permettant désormais à ces rames de fonctionner à des températures pouvant atteindre 55 °C, contre 45 °C précédemment établis. Cette information a été rapportée par le Financial Times, qui précise qu’Eurostar « a mis à jour ses spécifications la semaine dernière », rapporte TopTribune.
Ces ajustementsconcernent principalement les matériaux utilisés pour les systèmes de climatisation. Des normes aussi élevées étaient jusqu’alors réservées aux marchés d’Afrique et du Moyen-Orient.
Cette commande, qui a été conclue fin 2025 pour un montant de 1,4 milliard de livres sterling, concerne jusqu’à 50 trains appelés Eurostar Celestia, dont les livraisons devraient commencer aux alentours de 2030. Ces rames sont conçues pour circuler dans le tunnel sous la Manche et à travers cinq pays européens, avec une durée de vie estimée jusqu’aux années 2060. Ainsi, ces trains permettront de naviguer à travers des conditions atmosphériques qui pourraient considérablement évoluer au cours des trois prochaines décennies.
Des projections météo qui ont influencé la décision
Gwendoline Cazenave, directrice générale d’Eurostar, a exposé au Financial Times les motifs derrière cette modification : « Cette année, la vague de chaleur a été plus précoce, plus longue et plus intense que jamais. » Elle a ajouté : « Avant la semaine dernière, je n’aurais jamais pensé que nous aurions besoin d’aller jusqu’à 55 °C, des niveaux de température normalement associés à des pays comme l’Arabie saoudite. »
Les prévisions du Met Office, l’agence météorologique britannique, viennent clairement appuyer cette décision. Ce dernier prévoit que la température maximale en Angleterre pourrait atteindre 45 °C dès 2056, et que dès 2060, des sommets à 40 °C deviendront monnaie courante. Fin juin, certaines régions britanniques avaient déjà enregistré des températures de 37,7 °C pendant plusieurs jours successifs.
Pour Cazenave, la solution ne peut se limiter à des ajustements opérationnels : Eurostar doit non seulement « renforcer ses plans immédiats » mais aussi « envisager l’avenir sous un autre angle ».
À la suite de la canicule de 2022, Eurostar avait déjà instauré un « Plan Solstice », qui prévoyait notamment des tests quotidiens des systèmes de climatisation sur chaque voiture, un temps accru en atelier pour les réparations ainsi que des mesures pour accélérer l’approvisionnement en pièces. La révision des spécifications pour la commande d’Alstom représente une avancée supplémentaire, et Eurostar admet avoir décidé de revoir en profondeur ses stratégies d’adaptation face au changement climatique.
Les termes du contrat permettaient à la compagnie de modifier les spécifications concernant la résistance à la chaleur avant la finalisation de la commande, rendant ainsi l’ajustement possible sans avoir besoin d’une renégociation formelle. « Nous avons décidé de modifier l’option et d’opter pour des trains capables de supporter 55 degrés », a confirmé Cazenave.