Espérance de vie en France : analyse des disparités liées aux revenus.

Espérance de vie en France : analyse des disparités liées aux revenus.

16.12.2025 11:16
3 min de lecture

En France, l’espérance de vie est un indicateur essentiel de la santé publique. Cependant, les données récentes fournies par l’Insee révèlent que cette longévité est fortement influencée par le revenu, le sexe et la localisation géographique. Ces disparités soulèvent des interrogations sur l’efficacité des politiques de prévention et d’accès aux soins, rapporte TopTribune.

Espérance de vie : des disparités selon le statut économique et le sexe

Bien que l’ espérance de vie en France continue d’augmenter lentement, cette amélioration est loin d’être uniforme. D’après une étude de l’Insee publiée récemment, il apparaît que le revenu est un facteur clé déterminant la durée de vie, avec des écarts importants entre les populations à faibles revenus et celles plus aisées, ainsi qu’entre les hommes et les femmes.

Les résultats ne laissent place à aucun doute. « Entre 2020 et 2024, la différence d’espérance de vie à la naissance est de 13 ans pour les hommes et de 9 ans pour les femmes entre les 5 % les plus pauvres et les 5 % les plus riches », mentionne l’Insee. Cela signifie que tous les Français ne bénéficient pas des mêmes chances de vivre longtemps, et ce malgré l’existence d’un système de santé universel.

Hommes à faibles revenus : une longévité nettement inférieure

L’une des conclusions majeures de cette étude concerne les hommes issus des revenus les plus bas. Ceux-ci voient leur espérance de vie à la naissance se limiter à 72 ans, tandis que ceux qui appartiennent au quintile supérieur atteignent 85 ans. Cet écart est particulièrement marqué, dépassant même celui observé chez les femmes.

Ces différences se accentuent avec l’âge. « À 50 ans, le risque de décès dans l’année pour les hommes est sept fois plus élevé parmi les plus pauvres par rapport aux plus riches », souligne l’Insee. À ce stade de la vie, la mortalité est déjà un reflet des conditions de travail, des habitudes de santé et de l’accès aux soins.

Les chercheurs notent que les hommes à faibles revenus sont plus susceptibles d’être confrontés à des risques professionnels, à des maladies chroniques et à des comportements à risque, y compris le tabagisme et l’alcoolisme. Ces facteurs s’accumulent sur plusieurs années et nuisent gravement à leur longévité.

Revenus et espérance de vie : des gains de plus en plus marginaux

Cette étude révèle également un phénomène moins évident : bien que l’espérance de vie augmente avec le niveau de vie, cette progression se fait de manière de moins en moins significative à mesure que les revenus s’élèvent. Par exemple, autour de 1 200 euros par mois, un supplément de 100 euros est lié à une augmentation d’un an de l’espérance de vie pour les hommes et de 0,8 an pour les femmes. En revanche, lorsque les revenus atteignent environ 3 000 euros, cet ajout n’accroît que de 0,2 an pour les hommes et de 0,1 an pour les femmes.

Cela signifie qu’une fois que le niveau de vie est élevé, chaque euro supplémentaire a peu d’impact sur l’espérance de vie. Toutefois, les catégories les plus privilégiées continuent de bénéficier davantage de gains en longévité, accentuant ainsi les écarts avec les ménages à faibles revenus.

Inégalités d’accès aux soins

Au-delà des questions économiques, l’Insee met en avant l’importance cruciale de l’accès aux soins. « Les contraintes budgétaires peuvent parfois restreindre l’accès aux soins pour certains », précise l’étude, en citant les données de la Direction de la Sécurité sociale. Ainsi, 3,2 % des individus issus des 20 % les plus modestes avouent avoir dû renoncer à des examens médicaux en raison de problèmes financiers, alors que ce chiffre n’est que de 1,8 % en moyenne dans le pays.

Les différences d’éducation et de catégorie socioprofessionnelle influencent également cet accès. « Les cadres sont généralement moins exposés aux risques professionnels que les ouvriers », note l’Insee, ajoutant que la compréhension et l’utilisation des informations médicales, c’est-à-dire la littératie en santé, est souvent moins développée chez les populations les moins instruits.

Disparités régionales et leurs conséquences sur l’espérance de vie

En outre, la région de résidence a aussi un impact sur l’espérance de vie, même à niveau de vie similaire. Les Pays de la Loire et l’Occitanie se distinguent comme des régions où la longévité est la plus élevée, à l’inverse des Hauts-de-France qui présentent un taux de mortalité supérieur à la moyenne. « À âge, sexe et niveau de vie donnés, les personnes vivant dans les Hauts-de-France présentent un risque de décès significativement supérieur à la moyenne », explique l’Insee.

Ces différences territoriales s’expliquent en partie par des facteurs environnementaux, comportementaux et par une inégale répartition des soins, qui s’ajoutent aux inégalités de revenus.

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