Erdoğan offre un fusil et des munitions à chaque dirigeant de l'OTAN, mais certains refusent de les rapporter chez eux.

Erdoğan offre un fusil et des munitions à chaque dirigeant de l’OTAN, mais certains refusent de les rapporter chez eux.

13.07.2026 08:06
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Le cadeau n’a pas été inclus dans le programme officiel, mais à l’issue du sommet de l’Otan qui s’est tenu à Ankara les 8 et 9 juillet, chaque chef d’État ou de gouvernement présent a quitté la Turquie avec un revolver de type Magnum 357 gravé à son nom, ainsi que six balles réelles.

Ce cadeau était présenté dans une boîte rouge tapissée de noir avec une note du président turc, Recep Tayyip Erdogan, exemptant l’arme de contrôles à l’exportation, rapporte TopTribune.

La réaction a été majoritairement de surprise. Plusieurs dirigeants ont témoigné avoir pris connaissance du contenu du paquet tardivement, ou ne pas l’avoir vu du tout avant son saisie par leurs équipes de sécurité. Des moments qualifiés de « lunaires » se sont produits parmi les délégations, avec une interrogation récurrente : pourquoi avoir offert un revolver ?

Réactions des dirigeants

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a été le premier à évoquer cet incident, exprimant son étonnement à des journalistes dans son avion de retour le 8 juillet. Il a expliqué que Erdogan avait offert un pistolet gravé à chaque dirigeant, accompagné d’une boîte de munitions. Toutefois, Starmer a dû laisser l’arme en Turquie, son introduction au Royaume-Uni étant illégale.

En Belgique, la situation s’est révélée encore plus complexe. Bart De Wever n’a compris la nature exacte du cadeau qu’à son arrivée à l’aéroport. Selon son entourage, il a été si surpris qu’il l’a immédiatement remis à la police aéroportuaire pour qu’il soit placé dans un coffre sécurisé et que les procédures soient respectées.

Les équipes de sécurité de De Wever ont également reçu les revolvers destinés à Ursula von der Leyen et António Costa, qui ont dû également passer par les consignes de sécurité en vigueur à Bruxelles. Deux responsables du Conseil européen ont indiqués à Politico que l’arme de Costa serait rapatriée selon la législation belge et stockée suivant les exigences du Secrétariat général.

Von der Leyen a pour projet de faire don de son revolver à un musée militaire une fois qu’il sera neutralisé. De son côté, le Canada a prévu de rendre l’arme offerte à Mark Carney inoffensive et cherche un lieu approprié pour sa conservation, probablement un musée. Depuis l’Arabie saoudite, Carney a fait une remarque ironique sur son cadeau, en le comparant à un sirop d’érable, soulignant la différence de nature.

Au Luxembourg, Luc Frieden a décidé de conserver le revolver au ministère d’État parmi les cadeaux diplomatiques, après l’avoir rendu irréversiblement inutilisable. En Pologne, le revolver a suivi les protocoles de sécurité d’usage, avec la déclaration d’un collaborateur présidentiel : « Il est certain que personne ne va tirer avec. »

La Suède, quant à elle, s’active encore à organiser l’acheminement de l’arme d’Ulf Kristersson, précisant qu’elle « devra être transportée en Suède dans les règles de l’art ». Pour l’instant, les armes données à d’autres dirigeants restent en Turquie.

Le sommet : enjeux géopolitiques

Cet incident n’a pas détourné l’attention des remarques principales du sommet, qui ont principalement tourné autour de l’Ukraine, l’Iran et la dynamique des relations avec les États-Unis et Donald Trump. Dans leur déclaration finale, les membres de l’Alliance ont réitéré leur engagement « indéfectible » à l’article 5 du Traité de l’Atlantique nord, ainsi que leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine confrontée à l’agression russe.

Starmer a qualifié le sommet de « fructueux » lors d’un entretien avec Sky News, affirmant que l’Alliance avait atteint son but d’unité. Le président américain, en revanche, a critiqué une nouvelle fois ses alliés européens pour leur manque de soutien lors des tensions avec l’Iran. Il a également adressé des critiques à Starmer, alors que ce dernier s’apprête à quitter son poste après avoir annoncé sa démission le 22 juin, resté en fonction jusqu’à la désignation de son successeur, l’ancien maire de Manchester, Andy Burnham, étant pressenti pour ce rôle.

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