Entreprises : près de 70 000 faillites enregistrées en France en 2025

Entreprises : près de 70 000 faillites enregistrées en France en 2025

20.01.2026 10:06
3 min de lecture

En 2025, un niveau historique de défaillances d’entreprises a été observé en France, selon l’analyse annuelle menée par Altares. Bien que la hausse annuelle soit modeste, le nombre total de procédures indique un climat économique plus difficile, caractérisé par l’arrêt des aides, l’augmentation des coûts de crédit et un relâchement de la demande, rapporte TopTribune.

Défaillances d’entreprises : un phénomène durable

Environ 70.000 entreprises ont été concernées par des procédures collectives en 2025. C’est un volume jamais atteint sur une année complète. Toutefois, cette dynamique n’illustre pas une flambée soudaine. La croissance par rapport à l’année précédente est limitée à près de 3%, loin des fluctuations à deux chiffres constatées après la crise sanitaire.

Selon Altares, « le chiffre observé en 2025 traduit une normalisation après plusieurs années de sous-utilisation du système judiciaire ». Les mesures d’assistance massives mises en place entre 2020 et 2022 avaient temporairement réduit le nombre de défaillances, créant ainsi un effet de rattrapage étalé. L’économie française semble avoir atteint un nouvel équilibre, mais à un niveau supérieur à celui d’avant la crise.

Le dernier trimestre de 2025 a enregistré plus de 19.000 défaillances, un chiffre sans précédent. Ce contexte de fin d’année compliqué est révélateur de l’épuisement progressif des ressources financières et de la rigueur croissante des conditions de financement, dans un climat de taux d’intérêt durablement élevés.

Les petites entreprises, les plus vulnérables

Comme on pouvait s’y attendre, les très petites entreprises et les PME font face aux plus grands risques. Les entités comptant moins de dix employés forment la majorité des procédures collectives. Leur exposition aux difficultés vient d’une combinaison de raisons bien établies : marges faibles, dépendance à la consommation locale et un accès plus restrictif aux financements.

Toutefois, une tendance intéressante émerge en 2025 avec une augmentation des défaillances parmi les entreprises de taille intermédiaire. Ce phénomène, relativement rare dans le passé, suggère que les tensions économiques touchent désormais des structures qui étaient précédemment perçues comme plus robustes.

Dans son analyse, BFM TV souligne que « le dernier trimestre 2025 établit un record absolu de défaillances, indépendamment de la taille des entreprises », confirmant que la pression ne se limite plus aux acteurs les plus fragiles.

Des secteurs aux réalités divergentes

Les impacts ne sont pas uniformes à travers tous les secteurs. En 2025, le secteur de la construction, qui avait été fortement touché en 2023 et 2024, montre des signes de retour à la normale. Bien que les défaillances y restent substantielles, la hausse ralentit considérablement. Le secteur a semble-t-il surmonté les effets de la hausse des taux d’intérêt et l’arrêt brutal de certains projets immobiliers.

À l’opposé, le commerce et certains services à la personne continuent de souffrir de la diminution du pouvoir d’achat et de l’évolution des comportements de consommation. Les entreprises qui opèrent sur des marchés très localisés semblent particulièrement menacées, surtout lorsque leurs charges fixes sont élevées.

Disparités régionales marquées

En termes de répartition géographique, les inégalités sont accentuées. Certaines régions, telles que la Bretagne, les Pays de la Loire et l’Occitanie, parviennent à limiter la montée des défaillances grâce à une structure économique diversifiée et un meilleur maintien de l’emploi.

À l’inverse, l’Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et certaines zones des Hauts-de-France affichent un nombre élevé de procédures. Les Echos notent que « dans plusieurs territoires, les entreprises ont différé leur déclaration jusqu’à l’épuisement total de leurs ressources financières », ce qui explique l’ampleur des défaillances observées en 2025.

Un diagnostic structurel pour l’économie française

Au-delà de ce record alarmant, les défaillances d’entreprises en 2025 fournissent un indice sur la santé de l’économie française. La période d’aides exceptionnelles est désormais révolue, laissant place à un cadre plus exigeant. Les coûts de financement, la transition énergétique, l’évolution numérique et les nouvelles pratiques de consommation redéfinissent les conditions nécessaires à la pérennité des entreprises.

Il est important de noter que toutes les procédures ne mènent pas à une liquidation. Une partie significative des entreprises choisit de s’engager dans une procédure de redressement judiciaire, avec l’intention de poursuivre leurs activités ou de trouver un repreneur. Cependant, la proportion de liquidations demeure élevée, mettant en lumière les défis importants auxquels font face certaines entreprises pour anticiper et se réorganiser en temps utile.

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