Pendant quarante minutes, Emmanuel Macron a répondu aux questions de Gilles Bouleau (TF1) et Caroline Roux (France 2) ce jeudi soir. Cet exercice, inédit depuis 2024, a porté sur plusieurs sujets cruciaux, notamment la Russie, la présidentielle, et la crise des carburants qui affecte gravement le quotidien de millions de Français, rapporte TopTribune.
La menace russe
« Il y a la guerre en Europe et la menace s’accroît sur notre pays », a déclaré Macron. « La Russie multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l’égard des pays européens ». Il a évoqué une possible attaque par drone, similaire à celle sur l’aéroport de Leipzig en août, supervisée par la Russie. « Quand vous me posez la question « est-ce que ça peut arriver? », ma réponse est oui », a-t-il affirmé. Selon le président, la Russie perçoit l’Europe comme « la profondeur stratégique de l’Ukraine ». Macron a toutefois démenti que la CIA l’ait alerté sur une éventuelle attaque de drones russes visant le sud de la France.
La crise des carburants
Concernant la crise des carburants, il a assuré que « nous faisons tout pour éviter les pénuries ». L’éventuel arrêt des exportations de gazole américain, que Donald Trump a jugé nécessaire pour faire baisser les prix aux États-Unis, constituerait une « mauvaise » décision, « pas seulement pour le reste du monde, mais aussi pour l’économie américaine ». Macron a souligné que sa priorité est de faire « baisser les prix » et qu’il est « plus intelligent d’aider les gens qui en ont le plus besoin », tout en promettant de ne pas laisser les prix s’envoler.
Présence militaire au Moyen-Orient
Macron a également expliqué que l’augmentation des prix des carburants est liée à la situation à Ormuz, où aucune intervention militaire n’est prévue. Cependant, la France va « envoyer des moyens militaires pour protéger le site de Yanbu », un élément stratégique pour l’Arabie saoudite dans son réseau d’installations énergétiques. Ce terminal, essentiel pour l’exportation de pétrole, est sous la menace d’attaques des Houtis.
Le « Quoi qu’il en coûte » assumé
Le président a affirmé ne pas regretter le « Quoi qu’il en coûte » mis en place pendant la pandémie de Covid-19, mais a exprimé des regrets quant au manque de réformes proposées, telles que la réforme des retraites. Selon lui, les dépenses des dix dernières années se répartissent en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ».
Une dissolution… pas deux
En évoquant la dissolution précédente de l’Assemblée nationale, Macron a déclaré qu’elle avait été décidée en conscience et qu’il ne prévoit pas de nouvelle dissolution pendant son mandat, jugeant cela dangereux dans le contexte de la guerre et de l’instabilité politique actuelle. Cela nuirait également à la capacité du prochain président ou présidente à reconstituer une majorité.
L’élection présidentielle
Concernant l’élection présidentielle, Macron a souligné que son devoir est d’agir et non de se plonger dans le débat politique. La constitution de la Ve République lui interdit de briguer un troisième mandat, et il a exhorté les candidats à « ne pas s’affranchir du réel » tout en évitant la « démagogie facile ». Il a assuré qu’il agira « en responsabilité et en fonction de l’évolution de notre situation géopolitique, financière et politique ».
« Je veux régler nos problèmes pour que la vie soit meilleure. Mais dans ce contexte, il est normal qu’il y ait de la colère », a souligné Macron. Toutefois, il ne comprendrait pas un « mouvement social généralisé », qui, selon lui, « ne nous aiderait pas collectivement ». Quant aux conflits en Ukraine ou à Ormuz, il a précisé que « ce n’est pas le gouvernement qui nous a mis dans cette situation ».