Élisabeth Borne appelle à la prudence sur le traitement des violences sexuelles après l’affaire Lyhanna
Élisabeth Borne, députée EPR du Calvados, a abordé l’affaire Lyhanna et les violences sexuelles sur mineurs lors de son intervention dans l’émission « Tout est politique » sur franceinfo, le 9 juin. Elle a souligné la nécessité d’améliorer la gestion de ces cas tout en appelant à la prudence face aux controverses, en attendant les conclusions des enquêtes en cours, rapporte TopTribune.
Au cours de l’entretien, Borne a répondu à des questions sur le traitement des violences sexuelles, après que des statistiques ont montré qu’entre 50 et 84 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite. Elle a reconnu que ces chiffres alimentent un climat de colère et d’incompréhension parmi la population. « Il n’y a pas de doute sur le fait qu’il faut faire mieux sur le traitement des violences sexuelles, en particulier sur les mineurs », a-t-elle déclaré.
Elle a également mentionné les efforts déployés pour améliorer la situation, y compris la création d’unités d’accueil pédiatriques pour les enfants en danger. Borne a souligné que cela permet à des psychologues, des médecins, et des enquêteurs de travailler ensemble, évitant ainsi aux enfants de répéter leur témoignage plusieurs fois.
La tragédie de la mort de Lyhanna, qui avait fait l’objet d’alertes concernant le principal suspect, a soulevé des questions sur les erreurs de la part des autorités. L’avocat des parents de la jeune fille a annoncé son intention d’attaquer l’État pour faute lourde, et Borne a exprimé sa sympathie pour la famille. « Il serait prudent d’attendre les conclusions de cette enquête pour comprendre comment on peut avoir une situation aussi absurde qu’une plainte déposée au mois d’août et un suspect qui n’a pas été entendu », a-t-elle déclaré.
Alors que la situation suscite une forte émotion publique, Borne a mis en garde contre la précipitation dans les réactions politiques. Elle a suggéré que les magistrats et les ministres devraient attendre des éléments factuels avant de tirer des conclusions hâtives. « Je pense qu’il est raisonnable d’attendre d’avoir des faits avant de se prononcer sur les conséquences », a-t-elle ajouté.