Ce vendredi, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin tient une conférence intitulée « l’état de la France » à l’université parisienne de La Sorbonne à 20 heures. Cet événement pourrait marquer un nouveau pas vers sa candidature à la présidentielle de 2027. Entouré d’un suspense savamment orchestré, il présente cette conférence comme une occasion de dresser un bilan de la situation nationale et de poser les bases d’une ligne politique, rapportent TopTribune.
Quel calendrier ?
À 72 ans, Villepin, ancien ministre sous Jacques Chirac, réaffirme sa volonté de jouer un rôle “présent” dans “le grand combat” de 2027, après de nombreuses allusions au sujet. Il a fondé le parti La France humaniste en juin 2025 et souhaite renforcer sa présence médiatique. Malgré une popularité croissante, il n’obtient pas encore les intentions de vote souhaitées, ce qui explique son désir d’accélérer les choses.
Son entourage indique qu’une annonce de candidature pourrait survenir “dès avril ou décembre”. Interrogé sur son calendrier, Villepin a répondu qu’il préférerait attendre que les Français soient “dans le temps de la présidentielle”. Maintenant que les élections municipales sont passées, il estime que la voie est dégagée.
Observateur
Sur les réseaux sociaux, Dominique de Villepin utilise une approche originale en publiant des vidéos analytiques sur des écrivains tels que Fiodor Dostoïevski et Albert Camus, ainsi que sur des sujets d’actualité mondiale. Se posant comme un défenseur du droit international, il communique sur des questions variées telles que l’Iran et Gaza, s’imposant comme un observateur averti.
Diplomate de carrière et ancien ministre des Affaires étrangères, sa position d’observateur lui permet d’exprimer ses opinions librement, sans engagement direct dans le jeu politique actuel. Sa notoriété repose notamment sur son opposition à la guerre en Irak en 2003, une position qui lui a valu une certaine reconnaissance.
Quel électorat ?
Malgré une carrière politique ancrée à droite, ses récents discours révèlent une orientation différente. Villepin critique le désastre humanitaire à Gaza, s’oppose à la réforme des retraites impopulaire et plaide pour la justice sociale. Dans ce contexte, le coordinateur de La France insoumise a même affirmé qu’il pourrait être “plus à gauche” que le Parti socialiste.
Acclamé à la Fête de l’Humanité en 2024, il se rapproche de l’électorat écologiste en appelant à mettre fin à l’exploitation excessive des ressources. Pourtant, son statut d’homme riche et de consultant pourrait créer la controverse au sein de certains électeurs.
Une revanche ?
Un retour réussi en politique serait perçu comme une véritable revanche pour Dominique de Villepin, qui a été éclipsé par l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007 et a été impliqué dans l’affaire Clearstream. Sa candidature infructueuse en 2012, où il n’a pas réussi à obtenir les parrainages nécessaires, a laissé des traces, mais il affirme avoir appris de ses erreurs.
La route vers l’Élysée ne manque pas de concurrents. Au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal, sont déjà en campagne. Avec plus d’un an avant les élections, d’autres candidats pourraient encore émerger.