Élections municipales 2026 à Lyon : La France insoumise face au défi de l'invisibilité après la fusion technique avec Doucet

Élections municipales 2026 à Lyon : La France insoumise face au défi de l’invisibilité après la fusion technique avec Doucet

18.03.2026 13:26
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Après le premier tour des élections municipales, la candidate de La France insoumise à Lyon, Pauline Fivel, a déclaré que son mouvement est devenu « la troisième force politique » de la ville. Anaïs Belouassa-Cherifi a obtenu 10,41 % des voix, se plaçant derrière Jean-Michel Aulas (36,78 %) et Grégory Doucet (37,36 %). À Grenoble, la liste insoumise a reçu 14,59 % des suffrages. Cependant, comme dans d’autres villes, ces listes ne participeront pas au second tour et « fusionneront techniquement » avec les candidats en tête pour contrer la droite, rapporte TopTribune.

Un accord « technique », pas « politique »

Dans le cas où le candidat de l’union de la gauche et des écologistes remporterait le second tour, Anaïs Belouassa-Cherifi obtiendrait un nombre de sièges au conseil municipal proportionnel aux résultats du premier tour. Il en va de même à Grenoble, où Allan Brunon a recueilli 14,6 % des voix. Ce dernier considère cet accord plutôt bénéfique, faisant valoir qu’il « coûte beaucoup à la liste de Laurence Ruffin » car elle n’obtient pas de garantie de soutien dans la gestion de la ville.

« C’est le principe de la fusion technique. Il n’est pas question de s’engager sur une solidarité budgétaire, ni sur des postes d’adjoints avec une liste avec laquelle nous n’avions pas élaboré un projet politique commun. Nous parlons de fusion technique, et non politique, sans soumission ni compromission. Nous conserverons notre programme, que nous défendrons au Conseil municipal dans l’opposition », a-t-il ajouté.

Un projet d’« indépendance » à Lyon

À Lyon, Pauline Fivel a jugé que la négociation était « à la hauteur des exigences » et la voit avant tout comme une garantie d’« indépendance ». « Nous enverrons des élus qui seront libres de leurs votes, ayant un rapport de force en interne », a-t-elle déclaré, satisfaite du « poids politique » que LFI pourrait obtenir en cas de victoire de Grégory Doucet. Son parti ne se renfermera pas derrière lui et constituera ainsi un groupe autonome, libre de voter contre la majorité.

Un calcul électoral rentable

Le politologue Benjamin Morel souligne que cette fusion technique peut s’avérer mathématiquement « très intéressante » pour la liste minoritaire si elle est bien négociée. « Si vous êtes dans la liste arrivée en tête, vous pouvez aussi bénéficier de la prime majoritaire, en plus des sièges négociés à la proportionnelle. Vous pourriez alors avoir plus d’élus que si vous vous étiez maintenus seuls », a-t-il expliqué. Sans fusion, le risque de diviser l’électorat insoumis était fort, entraînant potentiellement une perte de sièges.

Un objectif clair : empêcher la droite de gagner

Les candidats insoumis affichent une motivation claire : empêcher la droite de l’emporter au second tour. À Grenoble, Alain Carignon, ancien maire condamné pour corruption, représente une « menace ». Allan Brunon a affirmé : « Ce qui nous importe, c’est de battre Carignon qui incarne une droite raciste et islamophobe. Nous pensons qu’un front antifasciste est en mesure d’y parvenir. »

À Lyon, Pauline Fivel rappelle que le principal combat est de « faire en sorte que Jean-Michel Aulas n’accède pas au pouvoir ». Cette priorité est bien compréhensible pour les électeurs insoumis. Colin, 27 ans, se dit heureux de la fusion, affirmant qu’elle donne à la gauche une chance d’être représentée, malgré tout.

Les résultats du premier tour ont soulevé des préoccupations concernant la mobilisation des électeurs. Isaline, 30 ans, s’inquiète en déclarant que son engagement politique ne se limite pas aux élections. « Il faut agir collectivement pour défendre les valeurs de gauche et construire une société solidaire », conclut-elle.

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