Au soir du premier tour des élections municipales à Lille, cinq candidats pouvaient se maintenir dans la course à la mairie. Le maire socialiste sortant, Arnaud Deslandes, s’est positionné en tête avec 26,26 %, suivi de près par la candidate de LFI, Lahouaria Addouche, récoltant 23,36 %. L’écologiste Stéphane Baly, quant à lui, se situe en troisième position avec 17,75 %, loin devant les deux derniers qualifiés. L’annonce de sa fusion avec la liste socialiste a engendré des remous au sein de son propre camp, rapporte TopTribune.
Les résultats préliminaires du deuxième tour semblent déjà figés. En effet, face à la somme des 44 % des voix cumulées d’Arnaud Deslandes et de Stéphane Baly, les chances de Lahouaria Addouche s’annoncent minces. Cependant, l’incertitude demeure quant à savoir si les électeurs de l’écologiste suivront cette directive, d’autant plus que la décision de fusion a suscité des débats internes au sein des Verts.
Un vote « serré » mais en faveur de l’accord avec LFI
Des sources parlent d’une consultation interne ayant abouti à 26 voix en faveur d’un accord avec LFI contre 24 pour une fusion avec le PS. Sur Instagram, les jeunes écologistes du Nord-Pas-de-Calais ont exprimé leur désaccord, annonçant leur désolidarisation de la liste portée par Stéphane Baly en raison d’un « défaut de démocratie interne ». Cette décision a également choqué certains anciens colistiers de Baly, dont Simon Jamelin, qui a retiré sa candidature en signe de protestation.
Interrogé, Stéphane Baly admet que le résultat du vote interne était « extrêmement serré », mais qu’il avait un caractère « indicatif ». Il évoque des propositions de LFI qui ont émergé durant la réunion mais qui n’étaient pas formulées par l’équipe de négociateurs. Néanmoins, il assume sa responsabilité en tant que tête de liste, affirmant que « l’accord de gestion est bénéfique pour les Lillois ».
Côté LFI, le mécontentement est palpable. Paul Vannier, député LFI, critique ce qu’il qualifie de « démocratie interne façon Tondelier ». D’autres députés, à l’instar d’Alma Dufour, ont exprimé leur désaccord, affirmant que les programmes de Baly et Deslandes sont « frontalement opposés » et que l’ambition politique a supplanté les convictions. Mardi, Lahouaria Addouche a annoncé sur X avoir accueilli « 150 nouveaux militants » et a tendu la main « aux électeurs, électrices et militant(e)s écolos qui veulent la rupture ! ».
Avec « l’autre option nous aurions eu le même clivage »
Si l’on examine cet accord du point de vue de LFI, qui compromet sérieusement les chances de Lahouaria Addouche, il convient de se questionner sur les véritables enjeux. Stéphane Baly note que sa décision n’est pas partagée par tous, reconnaissant que « en retenant l’autre option, nous aurions eu le même clivage ».
Dans une vidéo largement commentée sur TikTok, les questionnements vis-à-vis du PS à Lille ont été posés. Les réponses ont évoqué la « politique de gentrification », une lassitude face à une ville qui s’endort, et des critiques sur un programme jugé plus centriste que de gauche. L’auteur d’un post a reconnu que les socialistes « n’ont pas été dégueulasses » et que « Lille a bien évolué », tout en plaidant pour une rupture significative, une aspiration partagée apparemment même par Baly.