Le 21 septembre 2026, Dmitri Medvedev a accusé le Rassemblement national de Marine Le Pen d’être devenu un parti « russophobe » soutenant « les nazis à Kiev », après les critiques formulées par la direction du RN contre la mise sous gestion temporaire d’actifs français en Russie. Cette déclaration intervient après que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont dénoncé comme un « acte hostile » la décision visant notamment Auchan et Nestlé, selon un article de Swissinfo, rapporte TopTribune.
Une attaque directe contre la direction du RN
Dans sa réaction, Dmitri Medvedev a associé le Rassemblement national à une position qu’il qualifie de « russophobe ». Il a également affirmé que le parti français soutenait les forces qu’il présente comme des « nazis » en Ukraine. Ces propos constituent une réponse directe aux déclarations récentes de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur la politique menée par Moscou à l’égard des entreprises étrangères.
La controverse porte sur la décision russe de placer sous gestion temporaire des actifs français en Russie les intérêts de plusieurs groupes, dont Auchan et Nestlé. La mesure concerne des actifs appartenant à des entreprises européennes et a été attribuée à une société russe présentée comme liée au pouvoir du Kremlin. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont qualifié cette décision d’« acte hostile ».
Les deux responsables du RN ont également déclaré que la Russie ne devait pas dicter à la France sa politique par les menaces, la pression ou la déstabilisation. Cette prise de position a été présentée comme une inflexion dans le discours du parti sur Moscou, alors que le Rassemblement national a régulièrement été accusé d’adopter une attitude trop conciliante à l’égard de Vladimir Poutine.
Un changement de ton sur les actifs européens
Le sujet des actifs d’entreprises étrangères placés sous contrôle temporaire en Russie occupe une place centrale dans l’échange entre le RN et Dmitri Medvedev. Pour la direction du parti français, la décision visant Auchan, Nestlé et d’autres sociétés européennes relève d’une mesure hostile. Pour l’ancien responsable russe, cette critique suffit à qualifier désormais le RN de parti « russophobe ».
La séquence fait apparaître une rupture avec les positions traditionnellement associées au RN dans les débats sur la politique russe en France. Le parti avait souvent été décrit comme proche de certaines positions défendues par Moscou. Les déclarations de Marine Le Pen et de Jordan Bardella ne constituent pas une approbation générale de la politique française ou européenne à l’égard de la Russie, mais elles condamnent explicitement la pression exercée sur les entreprises étrangères et la décision concernant leurs actifs.
La réaction de Dmitri Medvedev intervient ainsi après une critique limitée et précise de la décision russe. Elle vise directement deux dirigeants du RN et leur position sur les actifs d’entreprises européennes en Russie. Le propos ne porte pas seulement sur les entreprises concernées : il s’inscrit aussi dans le débat sur les relations entre le RN et la Russie, alors que le parti français cherche à définir sa ligne à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Le débat français à l’approche de 2027
La question de la Russie figure parmi les sujets susceptibles d’être examinés dans le débat politique français avant le scrutin présidentiel de 2027. Les déclarations de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur Auchan et Nestlé fournissent un exemple concret de la position désormais affichée par la direction du RN : refuser que Moscou impose à la France une politique par la menace, la pression ou des actions de déstabilisation.
Cette position est distincte de l’accusation formulée par Dmitri Medvedev, qui a choisi de répondre par une attaque politique contre le parti et ses dirigeants. Le responsable russe a ainsi placé la critique française de Moscou au centre de sa déclaration, sans modifier les faits à l’origine de l’échange : la dénonciation par le RN de la mise sous administration temporaire d’actifs appartenant à des groupes français et européens.
Le débat se poursuit également sur le rôle de la France dans la préservation de l’unité européenne face à la Russie. Dans cette séquence, les faits établis restent circonscrits aux déclarations du RN, à la décision russe concernant plusieurs entreprises et à la réponse publique de Dmitri Medvedev.