Le procès de 10 personnes pour cyberharcèlement sexiste s’ouvre ce lundi 27 octobre 2025 au tribunal correctionnel de Paris. Cette action judiciaire, qui fait suite à quatre ans de rumeurs et de polémiques alimentées par des réseaux complotistes, vise principalement des personnes ayant tenu des propos malveillants à l’égard de Brigitte Macron, rapporte TopTribune.
Parmi les accussés, huit hommes et deux femmes, âgés de 41 à 60 ans, sont suspectés d’avoir véhiculé des idées nuisibles concernant le « genre » et la « sexualité » de la Première dame. Le parquet de Paris fait état d’insinuations liant son âge et celui de son mari à de la « pédophilie ».
Le publicitaire Aurélien Poirson-Atlan, âgé de 41 ans, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de « Zoé Sagan », figure parmi les accusés. Son compte sur X, désormais suspendu, avait fait l’objet de plusieurs plaintes en raison de ses liens avec les sphères complotistes.
Une autre des accusées, Delphine J., connue sous le pseudonyme d’« Amandine Roy », a largement contribué à propager la rumeur selon laquelle Brigitte Macron, née Trogneux, serait en réalité un homme ayant pris l’identité de son frère après une transition. Elle a été condamnée pour diffamation en première instance en septembre 2024, mais a été acquittée en appel en juillet dernier. Brigitte Macron et son frère, Jean-Michel Trogneux, se sont pourvus en cassation contre cette décision.
Les prévenus, qui incluent également un élu, un galeriste et un enseignant, pourraient encourir jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
Une plainte aux États-Unis
La rumeur transphobe concernant Brigitte Macron a également pris une ampleur internationale, notamment aux États-Unis. Cet été, le couple présidentiel a déposé une plainte pour diffamation contre Candace Owens, podcasteuse liée à la sphère conservatrice MAGA, réputée pour ses opinions controversées.
Plusieurs des accusés ont relégué des posts de cette influenceuse, qui a produit une série de vidéos baptisées « Becoming Brigitte » (« Devenir Brigitte »). Une publication détournée du magazine Time l’a même présentée comme « homme de l’année ». Un des prévenus a également partagé une information fantaisiste concernant « 2 000 personnes » prêtes à s’impliquer à Amiens pour éclaircir cette situation.
Jean Ennochi, l’avocat de Brigitte Macron, n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP concernant la présence de la Première dame à l’audience.
Il convient de noter que plusieurs femmes politiques, dont Michelle Obama et Jacinda Ardern, ont également été la cible de fausses informations à caractère transphobe au cours de leur carrière.