
Une pénurie inattendue pourrait affecter nos supermarchés dans les mois à venir, touchant un produit emblématique des petits-déjeuners : la confiture. Divers événements agricoles et économiques laissent présager une raréfaction de ces douceurs dès septembre 2025. La disponibilité de confiture pour les amateurs pourrait diminuer, entraînant une hausse des prix, en raison d’une récolte désastreuse des fruits rouges en Europe, rapporte TopTribune.
Les causes de la pénurie
Selon des analyses récentes, l’année 2025 s’est révélée particulièrement défavorable pour la récolte de fruits rouges au sein de l’Europe. En Pologne, un gel tardif combiné à de fréquentes pluies a fait chuter la production de fruits de manière significative. En Serbie, les producteurs ont dû faire face à une sécheresse sévère prolongée, impactant la récolte de fraises, framboises, cerises griottes et cassis. En France, bien que la situation soit moins critique, les fruits cultivés sont souvent orientés vers le marché frais plutôt que pour la transformation, ce qui complique encore la situation.
Les grands industriels ressentent une pression accablante de la part des distributeurs. Les contraintes économiques s’intensifient, rendant la situation encore plus délicate pour ces entreprises. Avec des niveaux de stocks limités, les coûts de production augmentent, conduisant les usines à négocier des prix plus élevés ou à diminuer leur production. Ces augmentations de coûts se traduiront par des hausses de prix en magasin à partir de septembre.
Impact sur le marché et les consommateurs
Aujourd’hui, environ 70 % des foyers français consomment de la confiture, avec une moyenne de 2,5 kg par an, ce qui équivaut à près de huit pots. Toutefois, ces chiffres pourraient connaître une baisse pour la première fois en plusieurs décennies, dans un contexte de déclin général de la consommation de fruits et légumes. Pour 2025, l’INSEE prévoit déjà une augmentation de 5,4 % du prix des produits de la catégorie « sucre, confiture, miel ». Un autre aspect préoccupant est l’origine des fruits utilisés : selon la CLCV, 64 % des fruits transformés affichent une provenance souvent indéterminée sur les étiquettes.
Nouvelles règles d’étiquetage
À partir du 14 juin 2026, une directive européenne imposera des normes plus strictes concernant l’étiquetage des pots de confiture, afin d’améliorer la transparence pour les consommateurs. Chaque pot devra contenir au moins 450 g de fruits par kilogramme, contre 350 g précédemment. Les appellations telles que « préparation de fruits », « spécialité aux fruits » ou « tartinable aux fruits » remplaceront celles qui ne répondent pas à ces nouveaux critères. Adrien Mary, délégué général de la Fédération française des Industries d’Aliments Conservés, affirme que l’impact économique de cette directive dépendra des négociations entre les industriels et les distributeurs.
De plus, les pots de miel et les jus de fruits seront également soumis à des règles d’étiquetage plus rigoureuses, avec des exigences accrues sur l’origine des ingrédients et la teneur en sucres.