Des femmes choisissent la force plutôt que la minceur dans la culture actuelle

Des femmes choisissent la force plutôt que la minceur dans la culture actuelle

30.08.2026 12:36
3 min de lecture

Un nouveau mantra de force face aux standards de beauté

Alors que la tendance chez les personnalités et sur les réseaux sociaux favorise la minceur des femmes, de nombreuses femmes s’orientent vers la valorisation des muscles et de la force. Le mantra « Stronger, not smaller » (plus forte, pas plus mince) gagne en popularité sur les plateformes sociales et dans les salles de sport, rapporte TopTribune.

Maude Parent, ancienne gymnaste de compétition, a dû se conformer aux exigences esthétiques de son sport jusqu’à ses 18 ans. L’année suivante, elle abandonne son léotard pour une ceinture d’haltérophilie. Bien que les restrictions aient changé, le contrôle de son poids et de son alimentation est resté une préoccupation jusqu’à sa retraite sportive. « J’ai arrêté de surveiller ce que je mangeais, j’ai commencé à prendre de la masse musculaire, à lever des poids plus lourds et à sentir ce que c’est d’être vraiment forte », exprime-t-elle, avec un sourire.

Maude a depuis établi une pratique privée d’entraînement, prônant la force féminine. « Ce que je mets de l’avant, c’est la femme forte », souligne-t-elle. « Travailler ses muscles, pour les femmes, c’est bon pour la longévité, la fonctionnalité, la santé mentale, et aide à réduire les risques d’ostéoporose et de maladies cardiovasculaires. »

Les normes de beauté contemporaines sont exigeantes, observe Parent, qui, sur les réseaux sociaux, aperçoit des femmes musclées de divers gabarits, alliant féminité et force. « Je trouve ça vraiment cool de voir ça mis de l’avant ! »

L’exemple d’Hilary Duff

Il n’est pas nécessaire d’être une ancienne athlète pour être exposée à des modèles corporels différents des normes de la culture populaire. À l’ère d’Ozempic, médicament favorisant la minceur, certaines personnalités publiques, comme Hilary Duff, prônent la force. Elle fait la promotion de l’application d’entraînement Ladder, affirmant que la force physique est plus bénéfique que la maigreur.

« Pendant des années, j’ai évité la salle de musculation, pensant que soulever des poids rendait trop massif », confie l’artiste, qui a souffert de troubles alimentaires. « Mon entraînement s’est orienté vers la musculation, et tout a changé : ma façon de me sentir, de bouger, de dormir et mes performances dans tous les domaines de ma vie. »

Cet appel à la force résonne sur les réseaux sociaux, où de nombreuses internautes considèrent Duff comme un modèle apportant un vent de fraîcheur auprès d’une culture qui glorifie la minceur.

« Je le constate dans ma pratique : des femmes cherchent à être plus fortes physiquement pour accomplir leurs tâches quotidiennes », commente Maude Martinez, diététiste-nutritionniste chez LauGau Nutrition, spécialisée dans les troubles alimentaires.

La représentation est importante [en ligne], tout comme lorsqu’on voit plus de diversité corporelle, de positivité associée au fait d’être forte, comme dans le cas de Hilary Duff.

Maude Martinez, diététiste-nutritionniste chez LauGau Nutrition

Dans son bureau, Maude Martinez constate un désir chez certaines personnes de reprendre le contrôle sur leurs troubles alimentaires. En se nourrissant et en soulevant des poids, leur force augmente, ce qui contribue à renforcer leur estime de soi.

« Viser une esthétique en particulier peut provoquer des dérives, » prévient Martinez, soulignant qu’une alimentation équilibrée et l’exercice physique ne doivent pas être associés à un type de corps spécifique. « On peut être très forte sans avoir l’apparence de certaines personnes sur les réseaux sociaux. »

Éviter les extrêmes

De nombreux corps « forts » présentés en ligne correspondent toutefois aux standards de beauté actuels, qui privilégient la minceur. « Pour la santé reproductive, osseuse et mentale, il est essentiel d’avoir un certain taux de gras, » soutient Mylène Aubertin-Leheudre, professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Le muscle est également essentiel pour la vitalité et l’humeur. »

Malgré tout, la quête de muscles doit être équilibrée. « Trop de pression ou des efforts inappropriés peuvent causer des blessures, » avertit Aubertin-Leheudre. Elle ajoute que certaines personnes, par leur génétique, auront toujours un type de corps similaire, mais l’activité physique et l’alimentation sont des facteurs clés.

« Un corps sain et une acceptation de l’image corporelle ne sont pas identiques, » précise-t-elle. « Les tendances empêchent de reconnaître que tous les corps sont différents. » L’idée de force, en tant que concept non basé sur l’apparence physique, pourrait transformer la perception des femmes (et des hommes) insatisfaits de leur silhouette, en mettant l’accent sur l’acceptation de soi et le bien-être mental.

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