La maladie rénale chronique affecte plus de 10 % de la population mondiale, avec des facteurs tels que le diabète, l’hypertension, l’obésité et l’inflammation se combinant pour provoquer une dégradation irréversible des reins, pouvant mener à la dialyse ou à la transplantation, rapporte TopTribune.
Les médecins faisaient face à un paradoxe : même en traitant les causes sous-jacentes, comme la régulation du diabète ou la réduction de la pression artérielle, la dégradation de la fonction rénale persistait sans explication claire.
Récemment, une équipe de l’Institut Necker-Enfants malades (Inserm/CNRS/Université Paris Cité) a identifié un facteur clé : HNF1B (Hepatocyte Nuclear Factor 1 beta). Cette protéine, connue pour son rôle dans le développement embryonnaire du rein, apparaît également cruciale dans la fonction rénale à l’âge adulte.
Les résultats de leurs recherches, publiés dans la revue Science, révèlent que HNF1B, lorsqu’il fonctionne correctement, maintient les cellules rénales dans un état normal et spécialisé.
Un cercle vicieux
En revanche, des mutations dans HNF1B entraînent une « insuffisance rénale chronique rapide et sévère, accompagnée de fibrose et d’atrophie du tissu rénal ». Les cellules tubulaires rénales perdent leur identité et commencent à proliférer anormalement, conduisant à leur mort ou vieillissement prématuré. Ce phénomène provoque une fibrose du tissu rénal, le rendant incapable d’assurer correctement ses fonctions.
Les chercheurs ont également découvert que des facteurs liés à la maladie rénale, tels que l’inflammation ou la présence d’albumine dans les urines, réduisent l’activité de HNF1B. Ce mécanisme met en lumière un cercle vicieux : la diminution de l’activité de HNF1B favorise la progression de la maladie rénale, tandis que cette dernière inhibe encore davantage l’activité de HNF1B.
Les auteurs soulignent que ce problème pourrait être commun à de nombreuses affections rénales, car l’analyse de plus de 900 biopsies rénales de patients ayant des maladies rénales chroniques a systématiquement révélé la signature moléculaire de la perte de fonction de HNF1B. Plus la maladie est avancée, plus les anomalies sont marquées.
Une nouvelle piste de traitement
Cette découverte ouvre une voie thérapeutique prometteuse. Si HNF1B s’avère être un élément central dans la progression des maladies rénales, « trouver un moyen de restaurer l’activité de HNF1B pourrait permettre de ralentir, voire de modifier l’évolution de la maladie rénale chronique », concluent les scientifiques.