Une attention nécessaire face à l’herpès labial
Près de 70 % de la population française abrite le virus de l’herpès HSV-1 (Herpès simplex virus 1) de manière latente, avec seulement 20 % des personnes infectées présentant des symptômes récurrents. La plupart des porteurs ignorent même la présence du virus dans leur organisme, rapporte TopTribune.
La transmission du virus se produit généralement dans l’enfance, entre 6 mois et 4 ans, par contact direct, comme les baisers ou la salive. Une fois dans l’organisme, le virus s’installe dans les cellules nerveuses où il peut rester inactif pendant des années.
Avant l’apparition des boutons de fièvre, des signes précurseurs peuvent se manifester entre 6 heures et 2 jours plus tôt, comprenant :
- une sensation de chaleur ou de brûlure sur les lèvres ;
- des picotements et des démangeaisons ;
- une rougeur localisée sur une petite partie du contour de la bouche.
Reconnaître ces symptômes est crucial car un traitement précoce améliore son efficacité. L’herpès labial évolue souvent d’un seul côté de la lèvre, à la jonction entre la peau et la muqueuse. Il commence par des vésicules remplies de liquide clair, très contagieuses, qui éclatent ensuite et laissent place à une croûte qui tombera naturellement en quelques jours.
Plusieurs facteurs peuvent provoquer le réveil du virus, notamment :
- une infection accompagnée de fièvre ;
- une exposition au soleil ou au froid ;
- les menstruations ;
- le stress ou la fatigue ;
- une diminution de l’immunité, souvent due à des médicaments comme les corticoïdes.
L’herpès labial reste contagieux dès l’apparition des signes précurseurs jusqu’à la formation complète des croûtes. Il se transmet par contact direct avec la zone infectée. Il est conseillé d’éviter les baisers et le partage d’objets en contact avec la bouche (verres, couverts, baumes à lèvres) pendant cette période.
Si vous touchez vos lésions puis vos yeux, le virus peut provoquer une kératite, une infection de la cornée, se traduisant par des douleurs, une rougeur de l’œil et une gêne à la lumière. Il est crucial de consulter un médecin rapidement si de tels symptômes apparaissent.
Les traitements antiviraux locaux peuvent atténuer la durée et la gravité des poussées s’ils sont appliqués aux premiers signes. Votre pharmacien peut vous recommander :
- une crème antivirale pour bloquer la multiplication du virus ;
- éventuellement une crème anesthésiante pour soulager la douleur (déconseillée chez l’enfant).
Toutefois, ces traitements ne mettent pas fin au virus et ne préviennent pas les récidives.
Durant une poussée, évitez :
- d’arracher la croûte, ce qui retarde la cicatrisation ;
- de désinfecter avec de l’alcool, irritant ;
- d’utiliser du maquillage ou des baumes à lèvres, susceptibles de contaminer vos produits ;
- d’utiliser des crèmes à base de cortisone, entraînant des complications graves ;
- d’utiliser des crèmes antibiotiques, inefficaces contre ce virus.
Pour ceux sujets aux récidives, en particulier après une exposition au soleil, il est recommandé d’utiliser une protection solaire renforcée pour le visage, même en dehors des poussées, ainsi qu’un stick solaire haute protection pour les lèvres, à avoir toujours sur soi.
Bien que l’herpès labial soit généralement bénin chez les personnes en bonne santé, il peut s’avérer socialement embarrassant. En identifiant les signes avant-coureurs et en intervenant rapidement, il est possible de réduire significativement la durée et l’inconfort de chaque poussée.