Canicule : faut-il adapter votre ordonnance ?

Canicule : faut-il adapter votre ordonnance ?

22.06.2026 11:36
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En période de canicule, la révision de la liste de médicaments jugés « à risque » peut susciter des inquiétudes chez les patients. Des médicaments tels que les diurétiques, les traitements cardiovasculaires, les psychotropes, les anti-inflammatoires et ceux anti-diabétiques nécessitent une attention particulière, mais leur présence sur une ordonnance ne signifie pas qu’ils doivent être cessés, rapporte TopTribune.

Canicule : une ordonnance à réévaluer, pas à interrompre

Une canicule ne transforme pas automatiquement un médicament bien toléré en substance nocive. Ce phénomène peut cependant compromettre l’équilibre d’un traitement, en particulier chez les personnes âgées, les patients souffrant de maladies chroniques ou ceux prenant plusieurs médicaments simultanément.

Le ministère de la Santé met en avant que certains médicaments peuvent aggraver la déshydratation, l’épuisement dû à la chaleur ou provoquer un coup de chaleur. Cependant, il précise que « l’adaptation d’un traitement médicamenteux en cours doit être analysée au cas par cas par le professionnel de santé ».

Cette nuance est cruciale. Il n’est pas stipulé de manière générale que tous les diurétiques, antihypertenseurs ou psychotropes doivent être arrêtés lors de la montée des températures. Une interruption soudaine pourrait même entraîner une aggravation des conditions médicales sous-jacentes : hypertension, décompensation cardiaque, déséquilibres psychiatriques, crises d’épilepsie ou augmentation de la glycémie.

La démarche recommandée est d’effectuer une vérification de son ordonnance dès que plusieurs facteurs de risque sont présents. Un professionnel de santé, qu’il soit médecin ou pharmacien, pourra prendre en considération l’âge, la fonction rénale, l’hydratation, les maladies associées et les autres médicaments consommés, y compris ceux en vente libre.

Une attention particulière est également requise en cas de vomissements, de diarrhées, de perte importante d’appétit ou d’absorption d’alcool. Ces circonstances peuvent aggraver les pertes en eau et en sels minéraux, indépendamment de la température extérieure.

La déshydratation peut déséquilibrer certains médicaments

L’un des enjeux majeurs réside moins dans la température elle-même que dans la déshydratation qui en résulte. Par la transpiration, le corps perd de l’eau et des électrolytes, ce qui peut réduire le volume sanguin, faire baisser la pression artérielle et diminuer l’irrigation sanguine des reins.

Certains médicaments deviennent alors plus difficiles à éliminer. Leur concentration dans l’organisme peut augmenter même avec une prise conforme à l’ordonnance. Le lithium, prescrit pour des troubles bipolaires, est particulièrement vulnérable aux variations de l’équilibre hydrique et du sodium. La digoxine, certains antiépileptiques ou des traitements pour le diabète nécessitent également une vigilance accrue.

Les diurétiques présentent une autre complication : ils favorisent l’élimination de l’eau et du sodium par les reins. Cet effet, souhaité pour traiter l’hypertension ou l’insuffisance cardiaque, peut devenir plus compliqué à réguler lorsque la transpiration est abondante et la consommation d’eau insuffisante.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, tels que l’ibuprofène ou le kétoprofène, peuvent également altérer le fonctionnement rénal en cas de déshydratation. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) identifie parmi les traitements nécessitant une attention particulière « tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que l’aspirine à des doses supérieures à 500 mg par jour et les coxibs ».

L’Assurance Maladie souligne qu’il existe des traitements susceptibles de « majorer les effets de la canicule sur l’organisme, ou gêner l’adaptation du corps à la chaleur ».

Antidépresseurs, neuroleptiques et somnifères : un risque différent

Tous les médicaments concernés n’ont pas d’impact sur les reins. Certaines molécules peuvent entraver les mécanismes de régulation de la température corporelle.

Les neuroleptiques, antidépresseurs, médicaments antiparkinsoniens ou ceux possédant un effet anticholinergique peuvent diminuer la transpiration, essentielle pour évacuer la chaleur. Une sudation insuffisante peut entraîner une élévation rapide de la température corporelle.

D’autres traitements peuvent affecter la vigilance. Les anxiolytiques, somnifères et certains antalgiques opioïdes peuvent augmenter la somnolence ou ralentir les réflexes, ce qui pousse la personne à boire moins souvent ou à manquer de percevoir son malaise dans un contexte de fortes températures.

Les bêtabloquants peuvent empêcher l’augmentation du rythme cardiaque indispensable pour que l’organisme s’adapte à la chaleur, tandis que certains vasoconstricteurs limitent la circulation sanguine à la surface de la peau, et les traitements cardiaques peuvent induire une chute trop importante de la tension artérielle.

Ces risques ne dépendent pas seulement de la molécule. Une personne autonome, bien hydratée et vivant dans un environnement frais ne connaît pas les mêmes problèmes qu’un patient isolé, dépendant ou exposé à de fortes chaleurs pendant de longues heures.

Le paracétamol n’est pas un traitement du coup de chaleur

Un mal de tête, des nausées ou une sensation de fièvre durant une période de chaleur intense peuvent mener à la prise de paracétamol, mais ce réflexe peut être inadapté.

Le coup de chaleur n’est pas une fièvre infectieuse classique. Il se manifeste par l’incapacité du corps à expulser la chaleur accumulée. Le paracétamol ne corrige pas ce dysfonctionnement. L’Assurance Maladie divulgue qu’il ne faut pas l’employer pour traiter les symptômes liés au coup de chaleur, car il est inefficace. L’aspirine peut aussi entraver l’acclimatation de l’organisme.

En cas de personne désorientée, très faible, anormalement somnolente ou ayant une température corporelle élevée, la priorité n’est pas de rechercher un antipyrétique. Il convient de placer l’individu dans un endroit frais, de retirer les vêtements superflus, d’humidifier la peau et d’appeler les urgences.

Une diminution importante de l’urine, des vertiges persistants, des crampes, des troubles du comportement ou une perte de conscience nécessitent également une aide médicale rapide. Une déshydratation grave représente une urgence, surtout chez les personnes âgées et les souffrants chroniques.

La chaleur peut aussi détériorer les traitements

Le risque ne se limite pas aux effets internes des médicaments. Une conservation inadéquate peut compromettre certains produits avant leur utilisation.

Les médicaments à conserver entre 2°C et 8°C doivent être maintenus à des températures réfrigérées, sans congélation. Leur transport peut exiger un emballage isotherme, mais les produits ne doivent pas être en contact direct avec des accumulateurs de froid.

La chaleur à l’intérieur d’un véhicule constitue l’un des plus grands défis. Même une simple pause peut faire grimper la température à l’intérieur à des niveaux dangereux. Les médicaments ne doivent être laissés à l’intérieur, ni sur un rebord de fenêtre ou dans un sac exposé à la lumière directe du soleil.

Les formes sensibles à la chaleur, comme les suppositoires, ovules, certaines crèmes ou gels, doivent être soigneusement vérifiées avant utilisation. Un changement brusque de couleur, d’odeur ou de consistance justifie de consulter un pharmacien.

Les personnes diabétiques doivent également prendre soin de protéger leurs appareils de mesure de glycémie, bandes de test et capteurs. Une exposition à des températures inappropriées peut fausser les résultats et entraîner de mauvaises décisions thérapeutiques. L’Assurance Maladie

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