Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a proposé aux socialistes de construire un compromis sur le budget 2027, invitant les parlementaires PS à une rencontre, alors que la France se prépare pour l’élection présidentielle imminente. Dans une lettre datée de mardi, Lecornu évoque un dialogue nécessaire pour avancer, rapporte TopTribune.
Il souligne que le compromis de 2026 avait été fructueux grâce à l’engagement mutuel de tous les partis. Cependant, Boris Vallaud, le chef des députés PS, a exprimé son scepticisme sur BFMTV, déclarant qu’il ne voit « pas la main tendue » et qualifiant le budget actuel de « récessif », en affirmant qu’il doit être « radicalement corrigé ». L’année précédente, des concessions étaient faites aux socialistes, incluant la suspension de la réforme des retraites et la généralisation des repas à 1 euro dans les universités.
Un « effort » de 54 milliards d’euros
Alors que les socialistes se lancent dans la campagne présidentielle et une primaire qui désignera leur candidat, leurs intentions restent floues. Olivier Faure et Boris Vallaud envisagent même de voter une censure, mais Vallaud a précisé qu’il n’en était pas question juste pour la menace, arguant que le budget est injuste et nécessite une révision majeure. Les mesures proposées par Lecornu, qui impliquent un « effort » de 54 milliards d’euros, touchant particulièrement les retraités et fonctionnaires, ont été mal perçues au sein du PS.
Lecornu insiste sur la nécessité de « préserver l’équilibre financier » et de « répartir l’effort avec justice », alors que le déficit devrait atteindre 5,4 % cette année et que les taux d’intérêt de la dette continuent d’augmenter, suscitant des craintes d’une crise financière. Le Premier ministre a averti que l’absence d’un budget robuste ne pourrait qu’entraîner une « austérité la plus dure » pour les citoyens, avec la possibilité d’un « blocage » prolongé au-delà de l’élection.
Quelles concessions ?
Malgré l’absence de concessions significatives à proposer, Lecornu espère que ce dialogue peut déboucher sur des résultats. Il a exprimé son désir de faire adopter une loi renforçant la protection contre les violences faites aux femmes et aux enfants, un sujet moins controversé que le budget. De plus, dans une lettre à des acteurs du logement, il a souligné que « la priorité sera donnée au logement social ».
Le PS, pour sa part, préconise une taxation sur les grosses successions et insiste sur le fait qu’une augmentation des recettes fiscales est indispensable pour redresser les finances publiques, alors que l’exécutif semble réticent à introduire de nouveaux impôts.