Le Premier ministre a exprimé ses préoccupations, mardi 23 décembre, lors d’une journée capitale marquée par le vote à l’Assemblée nationale de la loi spéciale sur le budget de l’État. Cette loi, qualifiée de « rustine budgétaire », permettra à l’État de fonctionner au minimum de ses capacités, en prélevant des impôts et en poursuivant ses emprunts, rapporte TopTribune.
Il espère un compromis politique en janvier
Depuis Matignon, Sébastien Lecornu a évoqué la possibilité d’un « compromis » concernant le budget de l’État 2026, qui sera examiné en janvier dans les deux chambres et lors de la commission mixte paritaire, suite à l’échec des négociations précédentes. Cependant, il a souligné que cela ne pourra se réaliser que si « les calculs politiques sont mis de côté ».
Il faut donc un budget en janvier et notre déficit doit être réduit à moins de 5% du PIB en 2026. Je reste persuadé que cela est possible, si les calculs politiques sont mis de côté, le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi.
Le Premier ministre a précisé que ce compromis à atteindre n’est « ni un renoncement, ni une confusion », appelant à abandonner les attitudes partisanes. Il a noté que « le gouvernement n’est pas là pour préparer une élection mais pour faire avancer le pays, c’est un travail ingrat mais nécessaire », en référence aux conflits internes au sein du parti Les Républicains qui ont empêché le vote avant la date limite du 19 décembre.
Le Premier ministre a caractérisé la situation comme un « léger décalage horaire », évoquant devant l’Assemblée les difficultés rencontrées. Lecornu a assuré que le gouvernement continuerait de chercher des consensus avec les divers groupes politiques, « y compris pendant les fêtes ». Il s’engage à dialoguer avec les socialistes, les écologistes et Les Républicains pour éviter le rejet du projet de loi de finances pour 2026.
Identifiant des thèmes de convergence
Sébastien Lecornu a listé cinq domaines d’intérêt où il espère un accord entre les différents partis : l’agriculture, les collectivités locales, le logement, l’outre-mer et la jeunesse.
49.3 et nouveau rendez-vous sur la crise agricole
« Nous n’avons pas le droit de nous résigner à l’impuissance, nous irons au bout », a-t-il insisté, en réponse aux rumeurs concernant un éventuel recours au 49.3 pour faire adopter des mesures budgétaires.
Le Premier ministre a exprimé sa satisfaction concernant l’adoption du budget de la Sécurité sociale sans recourir au 49.3, une première depuis 2022. « Le budget de la Sécurité sociale a été adopté sans 49.3, c’est une première depuis 2022. Le texte voté constitue une base solide et responsable. »
Le Premier ministre a également mentionné la nécessité de revoir les organisations agricoles au début de l’année, soulignant la rencontre prévue avec les syndicats agricoles le 5 janvier. À l’aube de 2026, il est probable que la colère des agriculteurs persiste, exacerbée par des enjeux tels que le report du vote européen sur le Mercosur et la résurgence de la dermatose nodulaire dans plusieurs régions.