Les députés sont divisés sur le budget de la Sécurité sociale
Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a appelé lundi ses députés à voter en faveur du projet de budget « de compromis » de la Sécurité sociale, dont le vote en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale est prévu pour mardi. « Il y a eu là toute une série d’avancées […] Le Premier ministre s’est engagé [sur la suspension de la réforme des retraites], il s’est montré fiable dans toute la discussion. Je souhaite que nous puissions à notre tour être fiables et faire en sorte que ce budget soit adopté », a-t-il déclaré sur BFMTV/RMC, tout en critiquant les « ingénieurs du chaos à droite » qui menacent l’adoption du budget, rapporte TopTribune.
Menaces de démission au Rassemblement national
Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national (RN), a déclaré que son groupe serait « parfaitement nombreux et totalement présents » pour voter contre le projet de loi. Il a ajouté que, dans le cas d’un rejet du texte, il serait inévitable que Sébastien Lecornu, le Premier ministre, démissionne. Lors de l’adoption du volet « recettes » du PLFSS vendredi dernier, l’absence de certains parlementaires RN était due aux obsèques du cofondateur du Front national.
Cette déclaration fait suite à celle de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a estimé dans La Tribune Dimanche qu’une démission « n’aurait pas de sens ». Elle a précisé que le Premier ministre aurait sinon « engagé la responsabilité du gouvernement », en évoquant la possibilité de recourir au 49.3, ce qu’il refuse toujours de faire.
Michel Barnier s’abstient
L’ex-Premier ministre Michel Barnier, désormais député de Paris, a annoncé ce lundi sur TF1 qu’il s’abstiendra lors du vote, contestant que Sébastien Lecornu ait suffisamment résisté « au chantage de la part du PS ».
Critiques sur le budget de la Sécurité sociale
Bruno Retailleau, leader des Républicains et ancien membre du gouvernement, a décrit le budget de la Sécu comme un « hold-up fiscal » en raison de l’augmentation de la CSG, un « hold-up social » sur les retraites, et un « hold-up démocratique », arguant que « jamais le pays n’a été autant à droite et jamais un gouvernement, une politique n’a été autant à gauche ». Il a ajouté que ce texte « n’est pas votable » et a laissé le choix à ses députés entre l’abstention et le vote contre.
Une adoption incertaine du budget 2026
À la veille du vote sur le budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu fait face à des défis importants. Les absences au sein des rangs des Républicains, en dépit de la consigne de leur leader, complicent la situation. Chaque voix ou abstention pourrait être déterminante pour l’avenir de ce projet de loi.