Bruno Gollnisch, ancien eurodéputé, face à la cour d'appel pour détournement de fonds publics

Bruno Gollnisch, ancien eurodéputé, face à la cour d’appel pour détournement de fonds publics

26.01.2026 20:37
2 min de lecture

Bruno Gollnisch devant la cour d’appel : un ancien eurodéputé sous le poids des accusations de détournement de fonds publics

Bruno Gollnisch, ancien eurodéputé du Rassemblement national, est actuellement jugé par la cour d’appel de Paris pour des accusations de détournement de fonds publics. Ce dernier aurait utilisé des aides destinées à ses assistants parlementaires pour des activités liées à son parti entre 2005 et 2015, représentant un montant de 1,41 million d’euros, rapporte TopTribune.

Lors de son interrogatoire le 26 janvier 2026, Gollnisch a tenté de défendre son héritage politique face à un public sceptique. L’ancien membre du Parlement européen a rappelé qu’il avait servi dans ce rôle de 1989 à 2019, tout en faisant référence à ses diverses expériences professionnelles. « Excusez-moi d’utiliser une expression familière, mais j’ai fait le job ! », a-t-il déclaré avec une certaine assurance.

Les éléments reprochés à Gollnisch sont liés à l’embauche de trois assistants, dont Yann Le Pen, qui n’exerçaient en réalité pas leurs fonctions parlementaires. Ces employés étaient essentiellement mobilisés pour des activités partisanes. En première instance, Gollnisch a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, ainsi qu’à une amende de 50 000 euros, sanction qui a jeté une ombre sur l’avenir politique de Marine Le Pen, engagée dans un procès similaire.

Les échanges en salle d’audience ont été teintés d’ironie alors que Gollnisch a évoqué son expérience d’une mission en Corée du Nord, suscitant quelques rires malgré la gravité des accusations portées contre lui. La présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, a cependant maintenu le cap sur les faits : le prévenu doit s’expliquer sur des actes par lesquels il a utilisé des fonds européens à des fins politiques, ce qui constitue une violation des règles de financement public.

La cour a particulièrement scrutinisé les rôles de deux de ses assistants qui travaillaient également pour Jean-Marie Le Pen, questionnant la légitimité de leur emploi au Parlement européen. Gollnisch a justifié cette situation en qualifiant Montretout, le bureau de Le Pen, de « secrétariat politique, parlementaire et médiatique ». Il a avoué que ces arrangements avaient peut-être des implications problématiques, bien qu’il ait tenté de les minimiser.

Les débats ont révélé une certaine tension entre les termes « système » et « organisation », Gollnisch finissant par admettre l’existence d’un « système organisationnel » tout en insistant sur la difficulté de séparer les rôles d’assistant parlementaire et de partisan. En réponse aux interrogations de la présidente, il a finalement reconnu que le travail de ses assistants ne remplissait pas les critères d’une fonction parlementaire légitime, tout en maintenant que ces types de pratiques étaient communs dans l’environnement politique.

Ce procès ancre plus profondément Gollnisch dans un cadre légal et éthique particulièrement problématique, soulevant des questions sur la transparence et la responsabilité au sein des institutions politiques françaises, alors que les accusations de détournements de fonds continuent d’alimenter un débat vaste et sensible.

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