Conditions inhumaines dans la prison russe IK-18 : témoignage d’Azat Miftakhov
Le mathématicien russe et militant anarchiste, Azat Miftakhov, a rapporté avoir subi des tortures sévères et des menaces de viol aux mains de ses détenus dans la colonie pénitentiaire IK-18, située dans l’Arctique russe. Son témoignage accablant met en lumière les atrocités que les opposants au régime subissent en prison, rapporte TopTribune.
Des tortures dès son arrivée en prison
Dans son récit détaillé, datant du 21 avril 2026, Miftakhov explique qu’il a été immédiatement confronté à la violence après son arrivée, lorsqu’il a été contraint de nettoyer les toilettes par d’autres détenus. Refusant, il a été sévèrement battu. Il a décrit une scène où il a été plaqué au sol, ligoté avec du ruban adhésif, et a reçu des coups de poing avant que des détenus ne utilisent un marteau en bois pour frapper la plante de ses pieds, n’interrompant les coups que lorsqu’il perdait connaissance.
Miftakhov raconte également avoir été menacé de viol collectif et traîné dans un couloir, où ses agresseurs l’ont immergé dans une bouche d’égout. Des décharges électriques ont été appliquées à ses orteils chaque fois qu’il refusait d’obéir, exacerbant son calvaire.
Un mathématicien devenu prisonnier politique
Azat Miftakhov n’est pas un détenu ordinaire. Expert en théorie des groupes, il est reconnu par ses pairs pour sa brillance mathématique. Avant son incarcération, il était en contact avec un enseignant français à Paris, poursuivant des travaux scientifiques même en prison. Depuis 2019, il est détenu pour des accusations de « hooliganisme » liées à des actions contre le parti Russie unie, et il clame avoir été contraint de confesser sous la torture.
Après sa libération en septembre 2024, il a été immédiatement réarrêté et condamné à quatre années supplémentaires pour des raisons jugées infondées, selon ses soutiens, qui y voient une stratégie du Kremlin pour réprimer toute dissidence.
La prison IK-18, où Miftakhov est actuellement incarcéré, est tristement célèbre et se trouve à proximité de l’IK-3, où le critique du Kremlin, Alexeï Navalny, a perdu la vie en février 2024. Selon la femme de Miftakhov, Elena Gorban, les autorités russes déploient un « acharnement » pour faire de son mari un exemple de répression, tandis que le sociologue Alexander Bikbov souligne que le régime cherche à étouffer les voix dissidentes en les envoyant dans ces établissements pénitentiaires isolés, où les conditions sont inhumaines.
L’association Solidarité FreeAzat appelle la communauté internationale à rester vigilante et à maintenir la pression pour protéger Miftakhov, estimant que la médiatisation de son cas et les visites régulières de ses avocats sont des barrières cruciales contre de nouvelles violences. Bien qu’il soit prévu qu’Azat Miftakhov soit libéré en 2027, ses soutiens craignent qu’il ne soit immédiatement arrêté à sa sortie.