
Depuis la mi-juillet 2025, la Commission européenne a annoncé une révision significative de la Politique Agricole Commune (PAC). À partir de 2028, le budget de l’agriculture française devrait se chiffrer autour de 51 milliards d’euros sur une période de sept ans, ce qui marque une baisse par rapport aux 65 milliards alloués pour la période 2021-2027, portant ainsi un coup dur aux aides destinées au secteur agricole, rapporte TopTribune.
Réorganisation de la PAC
Avec la réforme de la PAC envisagée pour 2028-2034, la Commission garantit un soutien au revenu agricole d’environ 50,9 milliards d’euros pour la France, confirmant ainsi son statut de premier bénéficiaire des financements de la PAC.
À l’heure actuelle, la France perçoit autour de 9,3 milliards d’euros par an pour son agriculture dans le cadre du budget en cours 2021-2027, ce qui équivaut à un total de 65 milliards sur cette période. La proposition de budget à venir indique donc une réduction apparente par rapport à cette somme. Bruxelles justifie cette diminution en évoquant une réorganisation de la PAC, où certains fonds précédemment considérés comme aides directes seront réaffectés à la politique de cohésion ou à d’autres financements nationaux ou régionaux, comme l’indiquent nos confrères de BFMTV. En d’autres termes, il est nécessaire de prendre en compte ces transferts et modifications d’architecture lors de la comparaison entre l’ancien et le futur budget.
Impact de la réduction
Les critiques de la réforme soulignent que le budget de “soutien au revenu des agriculteurs européens” prévu pour 2028-2034, soit environ 293,7 milliards d’euros, correspond à une diminution de 20 % par rapport à la période antérieure (qui affichait 387 milliards entre 2021-2027). La Coordination Rurale évalue que la baisse spécifiquement appliquée aux aides agricoles françaises atteint 22 %, en comparant les 300 milliards projetés avec les 387 milliards actuels pour l’ensemble de l’Europe.
Sur le plan réel, certains experts avancent une réduction de 34 % des subventions accordées aux agriculteurs, en tenant compte de l’inflation, des nouveaux coûts et des effets liés à la renationalisation et au plafonnement. Un autre élément significatif : selon une étude de Farm Europe, plus de 50 % des agriculteurs français bénéficiant de plus de 5 000 € d’aides par an pourraient être touchés par la réduction causée par la dégressivité, ce qui impacterait environ 73 % de la surface agricole utile en France.
Les raisons des réductions
Bruxelles avance plusieurs justifications structurelles pour ces baisses ou réajustements :
- Réaffectation des fonds : certaines aides ou mesures seront repositionnées hors du “soutien au revenu”, se dirigeant vers le développement rural ou la politique de cohésion, ce qui dilue partiellement les montants perçus comme “aides directes”.
- Volonté d’améliorer l’efficacité et l’équité des aides : introduction de mécanismes de dégressivité (réduction progressive des aides au-delà de certains seuils), plafonnement et conditions environnementales plus strictes. Cet objectif vise à mieux cibler les exploitations les plus nécessiteuses.
- Contraintes budgétaires globales au sein de l’Union : la PAC est soumise à des pressions dans le contexte du nouveau Cadre Financier Pluriannuel (CFP) de l’UE, qui redistribue certaines missions tout en tenant compte de l’inflation, des crises climatiques et des enjeux géopolitiques.