Le 9 août, l’Association nationale de police judiciaire (ANPJ) a accusé l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de « défaillance » après la publication d’une note sur les insuffisances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs, déclarant qu’il cherche à se défausser de son propre bilan. Cette situation, qui survient dans un contexte de tension croissante sur les enjeux de sécurité, souligne la complexité du système judiciaire et les lacunes persistantes dans les enquêtes, rapporte TopTribune.
Dans ce document, révélé par Le Monde et consulté par l’AFP, Darmanin évoque des cas d' »enquêtes à l’abandon », un manque d’effectifs et de formation, ainsi que des « dossiers fantômes ». Ce rapport, daté du 29 juillet, est lié à la montée des préoccupations suite à l’affaire de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, et dont le principal suspect, Jérôme Barella, avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineurs.
Des « constats et alarmes justifiés »
La tragédie de Lyhanna a mis en lumière des défaillances alarmantes dans le système, le principal suspect ayant échappé à des poursuites malgré de multiples accusations. L’ANPJ a qualifié les observations de Darmanin de « justifiées » tout en dénonçant son hypocrisie et sa trahison en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur. L’association souligne qu’il a occupé cette fonction pendant plus de quatre ans, une durée sans précédent depuis un demi-siècle.
« Dans ce rapport, Docteur Darmanin, ministre de la Justice, se livre à un exercice d’inventaire des lacunes des services de police judiciaire du ministère de l’Intérieur, si longtemps occupé par Mister Gérald », a affirmé l’ANPJ dans un communiqué. L’association a également exprimé sa frustration face à la réforme de la police introduite en 2024, qui, selon elle, n’a pas apporté de solutions durables à la crise de l’investigation.
Gérald Darmanin défend son bilan
Darmanin a réagi, affirmant avoir pris connaissance d’un rapport « évaluant les stocks » de dossiers non traités, lequel indiquait plus de trois millions de cas en instance, incluant ceux sur les viols et agressions sexuelles sur mineurs. « Nous avons continué à rappeler à Monsieur Darmanin qu’il était essentiel de simplifier la procédure pénale », a déclaré Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, dénonçant le « cynisme » et la « trahison » de Darmanin.
En réponse aux critiques, le ministre a posté sur le réseau social X une lettre destinée à Laurent Nuñez et à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans laquelle il souligne avoir créé plus de 8 000 postes pour les forces de police et de gendarmerie durant son mandat. « Personne ne s’est autant préoccupé de la protection des mineurs que moi lors de mon passage au ministère », a-t-il affirmé.