Réunis à Évian pour un G7 dominé par les crises internationales, les dirigeants des principales puissances économiques cherchent à établir des positions communes sur l’Ukraine, le Moyen-Orient, l’économie mondiale et l’intelligence artificielle. Emmanuel Macron va transformer cette rencontre en un « sommet de la convergence » pour démontrer que le multilatéralisme est encore viable, malgré le retour de Donald Trump et la fragmentation actuelle des relations internationales, rapporte TopTribune.
Le G7, présidé aujourd’hui par Emmanuel Macron, est l’un des derniers grands sommets internationaux. Le président français défend un multilatéralisme efficace afin de prouver que le G7 peut fonctionner en dépit des divergences internes, notamment le retour de Donald Trump, qui a entraîné le décalage d’un jour de la réunion en raison de son anniversaire.
Le terme clé du sommet, selon l’Élysée, est la « convergence » : convergence économique avec la Chine, convergence stratégique sur l’Ukraine, convergence diplomatique sur le Moyen-Orient et convergence avec les puissances émergentes. L’objectif est aussi de repositionner la France en tant que puissance médiatrice capable de faciliter les dialogues entre Occidentaux, Chine et pays émergents dans un contexte géopolitique particulièrement fragmenté.
Une visioconférence inédite avec la Chine
Cette ambition s’est déjà matérialisée avant l’ouverture officielle du sommet. Jeudi, Emmanuel Macron a dirigé par visioconférence un « sommet de convergence » réunissant les membres du G7, plusieurs pays invités et la Chine. Cette initiative est présentée par l’Élysée comme inédite. Les participants ont convenu de l’urgence de réduire les déséquilibres économiques mondiaux et promouvoir une croissance plus équilibrée, tout en poursuivant les discussions dans le cadre du G20 avec le soutien du Fonds monétaire international.
Le rendez-vous d’Évian se déroule dans un contexte international tendu, marqué par des relations transatlantiques fragilisées par des divergences entre Européens et Américains sur plusieurs dossiers clés : la guerre entre Israël et l’Iran, les tensions au détroit d’Ormuz, les négociations nucléaires avec Téhéran et les enjeux liés à la guerre commerciale avec Washington.
Zelensky doit participer
L’Ukraine est au cœur des discussions. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participera à une session dédiée avec les dirigeants du G7. Paris s’engage à maintenir son soutien politique, financier et militaire à Kiev tout en maintenant les sanctions contre Moscou. De plus, la France ne fera aucune concession territoriale préalable à la Russie dans le cadre de futures négociations de paix.
Le Moyen-Orient figure également parmi les priorités françaises, avec une volonté d’établir une coordination internationale pour garantir la réouverture du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce énergétique mondial. Les discussions porteront également sur le programme nucléaire iranien, la situation à Gaza, au Liban et la sécurité des infrastructures énergétiques.
Un G7 ouvert, pas un club occidental
Un enjeu majeur du sommet est d’éviter que le G7 soit perçu comme un club occidental isolé. Cinq pays ont été associés : le Brésil, l’Inde, l’Égypte, le Kenya et la Corée du Sud. La participation de ces nations démontre la volonté française d’élargir le dialogue avec les puissances émergentes et renforcer la portée politique des conclusions du sommet.
Cette évolution témoigne d’une transformation profonde du G7, qui, longtemps centré sur la mondialisation et le libre-échange, met désormais l’accent sur la souveraineté économique et technologique. Les discussions porteront sur les minerais critiques, les chaînes d’approvisionnement, la sécurité énergétique, les investissements stratégiques et l’intelligence artificielle. Plusieurs dirigeants du secteur de l’IA, dont Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic), Demis Hassabis (Google) et Arthur Mensch (Mistral AI) ont été conviés. Les échanges aborderont particulièrement la protection de l’enfance en ligne et la gouvernance des nouvelles technologies.
Un sommet sous très haute sécurité
La présidence française vise l’adoption de sept déclarations thématiques concernant les minerais critiques, la recherche contre le cancer, la biodiversité, les océans, la protection des mineurs sur Internet et les investissements solidaires.
Plus de vingt ans après le G8 d’Évian, marqué par des violences en Suisse, le G7 bénéficie d’un dispositif de sécurité exceptionnel, avec près de 16 000 policiers, gendarmes et militaires mobilisés côté français, et environ 4 000 militaires déployés par la Suisse.