Jordan Bardella, président du Rassemblement national, révèle dans son livre « Gouverner », publié cette semaine, son projet pour les premiers « cent jours » à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen en mai prochain. « Je me prépare à devenir chef du gouvernement », a-t-il justifié, ce mardi soir sur TF1, rapporte TopTribune. Malgré les révélations de Mediapart concernant des écrits antisémites dans sa jeunesse, l’eurodéputé conserve une certaine popularité au sein du RN et auprès de nombreux Français, comme l’indiquent les sondages. Des cadres du parti minimisent ces accusations, les qualifiant d’« anecdotique », bien que ces controverses risquent de perturber la campagne de Marine Le Pen.
« Tout ça n’a aucun impact »
Mercredi soir, la maison d’édition Fayard, appartenant au groupe Bolloré, a organisé un événement à Paris pour célébrer la sortie du troisième ouvrage de Bardella. L’événement a pris une tournure controversée lorsque des journalistes de Mediapart ont été exclus, malgré l’ouverture de la soirée à la presse. Victor Chabert, directeur de la communication du RN, a déclaré que c’était une soirée privée et que les journalistes concernés n’avaient pas été accrédités. En réponse à cette exclusion, presque tous les journalistes présents ont quitté l’événement, à l’exception des médias du groupe Bolloré. Bardella a réagi sobrement en partageant un mème sur les réseaux sociaux.
Ce nouvel incident rappelle d’autres controverses survenues lors du congrès du Rassemblement national à Orléans les 24 et 25 octobre, où des journalistes de Mediapart avaient été évacués par le service d’ordre du parti. Des militants de l’Union des Étudiants Juifs de France avaient également été expulsés pour avoir déployé une banderole critiquant les antisémitismes supposés de Bardella. Ces polémiques sont particulièrement malvenues pour Marine Le Pen en ce début de campagne présidentielle. Jean-Lin Lacapelle, cadre historique du RN, a atténué l’importance de ces affaires, affirmant que « ça n’a aucun impact » et que ces controverses sont récurrentes avant les élections, tandis que l’opinion publique semble désabusée.
Une promo bousculée
Malgré une légère baisse de sa popularité, avec un score de 41 % dans l’enquête Ifop-Fiducial/Paris Match, Jordan Bardella reste une figure politique estimée par de nombreux Français. Les controverses n’agissent pas sur la dynamique de Marine Le Pen, qui continue d’être en tête des intentions de vote, avec environ 35 à 37 % des voix. Bardella, réélu lors du congrès d’Orléans avec un score de 98,98 %, demeure un acteur clé de la campagne présidentielle de Le Pen. Jean-Lin Lacapelle a souligné son rôle fondamental dans la gestion du parti et au Parlement européen.
Lors de la promotion de son livre, Bardella a fait face à des questions difficiles concernant les accusations d’antisémitisme, peinant à se défendre sur TF1 et RTL. En marge de la soirée de lancement, une quinzaine de membres du collectif « Nous vivrons » se sont mobilisés pour rappeler les préoccupations soulevées par les révélations. Dans une postface ajoutée à son livre, Bardella a exprimé son agacement face à ce qu’il perçoit comme une chasse aux sorcières orchestrée par les médias et le milieu politique. Néanmoins, son ouvrage s’est hissé au numéro quatre des livres les plus vendus sur Amazon, poursuivant le succès de ses publications précédentes qui se sont écoulées à plus de 300 000 exemplaires.
