Nouvelles interventions envisagées sur la RN20 en raison d’un bloc rocheux instable
Après l’éboulement rocheux survenu dans la nuit du 30 au 31 janvier 2026, la RN 20, axe vital entre la France et l’Andorre, avait été fermée plus de sept semaines, avant une réouverture le 9 mars, mais de manière provisoire. De nouvelles opérations de sécurisation, comprenant des travaux de minage et la pose de filets de protection, sont envisagées à l’automne 2027. Une nouvelle fermeture de cet axe stratégique est donc à anticiper, rapporte TopTribune.
Près d’un an après l’impressionnant éboulement qui avait coupé la route de l’Andorre pendant plusieurs semaines, la menace d’un nouvel effondrement au niveau de la RN20 reste prise très au sérieux par les autorités. Un bloc rocheux de 300 m³, identifié comme potentiellement instable, doit encore être neutralisé. Pour y parvenir, d’importants travaux de sécurisation sont désormais envisagés à l’automne 2027.
Ce mardi 3 novembre, le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, a réuni un comité stratégique consacré à la préparation de ces futures interventions. Autour de la table figuraient notamment des représentants de la Région Occitanie, du conseil départemental, les élus de Haute-Ariège, la SNCF, les services de l’État ainsi que des représentants du gouvernement andorran.
L’objectif : anticiper les conséquences d’un chantier particulièrement complexe sur la circulation, l’économie locale et les déplacements des habitants des deux côtés de la frontière.
Un bloc rocheux de 300 m³ toujours sous surveillance
Pour comprendre les enjeux de cette opération, il faut remonter à la nuit du 30 au 31 janvier 2026. Un important pan de falaise s’était alors décroché sur la commune de Mérens-les-Vals, entre Ax-les-Thermes et L’Hospitalet-près-l’Andorre. Environ 200 m³ de roche, représentant plus de 300 tonnes, avaient dévalé la pente jusqu’à la chaussée, entraînant la fermeture immédiate de la RN20 dans les deux sens.
Les premières reconnaissances géotechniques avaient révélé une situation particulièrement préoccupante. Au-delà de l’éboulement initial, plusieurs masses rocheuses fragilisées avaient été identifiées, dont une imposante masse fracturée estimée à 500 m³, dont la stabilité était incertaine.
Après plusieurs semaines d’interventions délicates, mobilisant notamment des cordistes et des moyens héliportés, les travaux d’urgence avaient permis d’écarter les principaux dangers immédiats. La circulation avait finalement pu reprendre le 9 mars 2026. Cependant, cette réouverture ne constituait qu’une solution provisoire. Comme l’avait annoncé l’État, une nouvelle phase de travaux reste indispensable pour garantir la sécurité des automobilistes sur le long terme.
Des opérations de minage pour faire tomber les blocs instables
Lors du comité stratégique, la Direction interdépartementale des routes du Sud-Ouest (DIRSO), gestionnaire de la RN20, a présenté les grandes orientations du futur chantier, à l’issue de plus de six mois d’études techniques.
Le principe retenu repose notamment sur des opérations de minage destinées à faire tomber les blocs rocheux considérés comme instables. Concrètement, les techniciens réaliseront des forages à l’arrière de la paroi afin d’y installer des charges explosives. Les interventions seront conduites dans un périmètre confiné pour maîtriser les risques liés à ces opérations.
Des équipements de protection complémentaires seront également installés autour de la zone. « Des dispositifs de protection, composés de filets et de câbles, seront également installés en périphérie pour stabiliser la roche et prévenir les risques de chute », précise la préfecture.
Ces travaux, envisagés à l’automne 2027, nécessiteront une préparation particulièrement minutieuse. Leur calendrier définitif n’est pas encore arrêté.
Une éventuelle route provisoire à l’étude
L’une des principales préoccupations concerne évidemment les conséquences d’une nouvelle interruption de la circulation sur cet axe essentiel pour la Haute-Ariège et l’Andorre.
Une étude est actuellement menée pour déterminer s’il serait possible de construire une voie provisoire de contournement de la zone de travaux. Une solution qui permettrait, si elle était techniquement réalisable, de limiter les perturbations pour les automobilistes, les habitants et les professionnels dépendant de la RN20.
À la demande du préfet de région Occitanie, Hervé Brabant est chargé de coordonner la concertation entre les différents partenaires français et andorrans. Trois groupes de travail techniques seront prochainement constitués pour préparer les opérations.
La surveillance du versant rocheux se poursuit
Le premier sera consacré à l’économie, avec pour objectif d’accompagner les entreprises et de limiter les répercussions sur l’activité du territoire. Le deuxième portera sur la vie quotidienne : mobilités, accès aux soins, déplacements scolaires et maintien des services essentiels. Enfin, un troisième groupe travaillera sur la sécurité du chantier, les autorisations administratives et l’information des usagers.
En attendant ces nouvelles opérations, la surveillance du versant rocheux se poursuit. Les dispositifs actuellement installés restent en service, notamment les capteurs chargés de détecter les éventuels mouvements de la roche. Un feu clignotant permet également d’interrompre immédiatement la circulation si un mouvement suspect est détecté.
Le prochain comité stratégique est annoncé pour le début de l’année 2027. D’ici là, les études devront permettre de préciser les modalités du chantier et surtout les conditions dans lesquelles la circulation pourra être maintenue ou réorganisée pendant cette nouvelle intervention sur la route de l’Andorre.
