Trump face à une possible défaite aux midterms de 2026, l'issue pourrait créer une crise institutionnelle aux États-Unis

Trump face à une possible défaite aux midterms de 2026, l’issue pourrait créer une crise institutionnelle aux États-Unis

03.11.2026 06:36
3 min de lecture

Les élections de mi-mandat : une épreuve cruciale pour Donald Trump

Ce mardi, lors des élections de mi-mandat, Donald Trump fait face à une menace de lourde défaite face aux démocrates, qui sont favoris pour conquérir la Chambre des représentants et pourraient même obtenir la majorité au Sénat. Les manœuvres du président républicain et la perspective d’une contestation des résultats soulèvent des inquiétudes quant à une potentielle crise institutionnelle majeure, rapporte TopTribune.

En vue de ces élections, l’ancien président Barack Obama a apporté un soutien crucial le 28 octobre au sénateur sortant Jon Ossoff près d’Atlanta (Géorgie), lançant un appel énergique à la mobilisation tout en dénonçant le mandat de Trump avec un « ça suffit ». Le président en poste, en difficulté dans les sondages, a transformé ce scrutin en un référendum sur sa personne, sans inverser significativement la tendance défavorable. Les dernières projections confirment que les démocrates sont proches de reprendre la Chambre des représentants, avec un léger avantage au Sénat, malgré les efforts déployés par Trump.

Stratégies de Trump

Depuis plusieurs mois, Trump a été actif dans des tentatives de redécouper les circonscriptions électorales en faveur des républicains (gerrymandering) et a tenté de restreindre le vote par correspondance, tout en durcissant les conditions d’inscription sur les listes électorales. Certains de ces efforts ont été bloqués par la justice. Parallèlement, le président a alimenté le doute sur la régularité du scrutin en évoquant de possibles fraudes, sans fournir de preuves. Les États organisateurs des élections se préparent à d’éventuelles contestations, ouvrant la voie à des turbulences potentielles jusqu’à l’installation du nouveau Congrès, prévue pour le 3 janvier 2027.

L’enjeu numérique est particulièrement délicat pour Trump. Mardi, les électeurs renouvelleront les 435 sièges de la Chambre et 35 des 100 sièges au Sénat. Selon le Cook Political Report, douze circonscriptions sont considérées comme favorables aux démocrates, qui sont bien placés pour obtenir la majorité à la Chambre. Historiquement, le parti du président a perdu des sièges lors de 38 des 41 élections de mi-mandat depuis 1862, établissant ainsi un précédent que Trump pourrait rencontrer cette année avec d’importantes conséquences.

Possibilité de basculement au Sénat

La surprise pourrait venir du Sénat, où les républicains détiennent actuellement 53 sièges contre 47 pour les démocrates. Pour que l’opposition prenne la majorité, elle doit remporter quatre sièges, une perspective longtemps jugée improbable, mais qui est désormais considérée sérieusement. Le Cook Political Report a classé les démocrates comme de légers favoris le 30 octobre, avec plusieurs courses ouvertes, dont six sièges républicains en jeu, notamment dans le Maine, l’Ohio et le Texas.

Ce tournant ne résulte pas d’un soutien massif envers les démocrates, qui restent sans leader incontesté, mais plutôt du rejet croissant de l’administration Trump. Une enquête de Reuters/Ipsos réalisée le 26 octobre a révélé que seulement 32 % des Américains approuvent l’action de Trump, un chiffre alarmant. Particulièrement, 73 % des sondés jugent que la situation économique se détériore, tandis que l’augmentation des prix, en particulier celle de l’essence, pèse lourdement sur les ménages.

Des républicains en doute

Ce sentiment d’insatisfaction se propage également au sein des républicains, marquant un tournant. Bien que la base MAGA demeure fidèle à Trump, certains candidats s’éloignent de la Maison-Blanche face à des batailles serrées. Trump, qui refuse de se retirer, intensifie ses discours et ses promesses, y compris celle de distribuer 5 000 dollars à chaque citoyen en cas de victoire républicaine, une mesure qui soulève des questions sur son financement et sa légalité. Sa stratégie, bien qu’efficace pour mobiliser ses partisans, risque aussi de renforcer ses adversaires : 46 % des démocrates sont très motivés à voter, contre seulement 30 % des républicains.

Toutefois, rien n’est encore joué. La capacité de rebond de Trump est bien connue. Les redécoupages électoraux, les ressources financières des républicains et une forte mobilisation durant le scrutin pourraient contenu la vague attendue. Si les démocrates réussissent à reprendre la Chambre, ils pourraient stopper le programme présidentiel et entamer des enquêtes délicates pour Trump et ses alliés. La capture du Sénat rendrait les deux dernières années de son mandat beaucoup plus difficiles.

Des incertitudes après les élections

Les enjeux se complexifient surtout au lendemain du scrutin. Michael Luttig, ancien juge fédéral, a mis en garde dans The New Republic : le 3 janvier 2027, des responsables républicains pourraient envisager de bloquer l’entrée des démocrates élus, un scénario qui rappelle les événements du 6 janvier 2021, lorsque des partisans de Trump ont envahi le Capitole pour stopper la certification de la victoire de Joe Biden.

Bien qu’il n’y ait aucune certitude quant à la survenue de telles actions, il demeure une question primordiale : après avoir contesté sa défaite en 2020, Trump acceptera-t-il le verdict des urnes cette fois-ci, et quelles mesures prendra-t-il pour conserver le pouvoir si ce n’est pas le cas ? La réponse demeure totalement incertaine, même pour lui.

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