France : Déblocage de 10 millions de barils de gazole pour réduire les prix des carburants
La France a annoncé débloquer 10 millions de barils de gazole pour faire baisser les prix des carburants à la pompe dès le 1er novembre. Cette mesure pourrait réduire le tarif de 12 à 18 centimes par litre, mais sa durabilité dépendra de la stabilité géopolitique au Moyen-Orient, rapporte TopTribune.
Francis Perrin : Tout d’abord, il faut remonter au 2 octobre dernier. Le G7, qui réunit les sept plus grandes économies occidentales, a annoncé qu’il allait prélever sur ses stocks stratégiques et mettre sur le marché 100 millions de barils, composés en partie de pétrole brut et en partie de gazole. La France, membre du G7, a par la suite annoncé qu’elle allait sortir de ses propres stocks 10 millions de barils de gazole. Ce déblocage est prévu à compter du 1er novembre. L’opération s’étalera sur trois à quatre mois, avec pour objectif d’entraîner une baisse du prix du gazole à la pompe de l’ordre de 12 à 18 centimes par litre.
L’effort français porte spécifiquement sur le gazole car, en raison du conflit iranien, il est devenu le carburant le plus cher en France, atteignant une moyenne de 2,37 € par litre contre 2,16 € pour le sans-plomb 95. Si le gouvernement table sur une baisse de 12 à 18 centimes, les distributeurs se montrent plus prudents et évoquent plutôt une baisse de l’ordre de 10 centimes. Une diminution sera donc bien effective dans les jours à venir à la pompe, mais il faut insister sur le fait que cette baisse reste modérée. Quant à savoir si elle sera durable, nul ne peut l’assurer car cela dépend entièrement de la stabilité au Moyen-Orient.
Sur le plan mondial, on constate depuis quelques jours une légère détente des prix du brut. Cela s’explique non pas par un réel apaisement au Moyen-Orient, mais par des espoirs de nouvelles négociations diplomatiques. L’enjeu est d’éviter de nouvelles frappes américaines ou américano-israéliennes contre l’Iran, notamment après les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre aux États-Unis.
Deux scénarios s’opposent. Soit les armes reprennent la parole avec une intensification des frappes contre l’Iran. Ce scénario, à l’étude à Washington, entraînerait donc une nouvelle hausse des prix. L’autre scénario, plus positif, envisage que la diplomatie reprenne le dessus via des médiateurs comme le Pakistan, le Qatar, l’Égypte ou la Turquie. Si Washington et Téhéran parviennent à échanger indirectement pour trouver une issue politique, cela pourrait calmer le jeu. Pour rappel, le conflit au Moyen-Orient constitue la cause majeure de la poussée des cours pétroliers en 2026.
Oui, la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui dure maintenant depuis près de cinq ans, continue d’avoir un impact. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont endommagé l’appareil de production local, ce qui a poussé la Russie à suspendre ses exportations de gazole pendant plusieurs semaines. Bien que Moscou ait annoncé récemment, à la suite d’un accord avec Donald Trump le 9 octobre, reprendre des livraisons vers les États-Unis pour les mois à venir, il n’est pas garanti que ces engagements soient tenus, vu les difficultés d’approvisionnement interne en Russie. Cette situation demeure une posture politique de Poutine vis-à-vis de Washington, mais la contrainte sur l’offre globale reste bien réelle.
En résumé, la géopolitique reste le seul maître du jeu pour l’avenir des prix à la pompe. En 2026, les prix du brut et du gazole sont entièrement dirigés par la géopolitique : en premier lieu la situation autour de l’Iran au Moyen-Orient, et dans une bien moindre mesure le conflit russo-ukrainien. Comme les perspectives de paix à court terme restent très minces sur ces deux fronts, il est impossible de garantir une baisse pérenne des prix des carburants pour les usagers.
