David Lisnard, le maire de Cannes et candidat à la présidentielle 2027, surprend dans les sondages en se positionnant en tête devant Bruno Retailleau, le chef des Républicains, bien que les deux candidats restent largement en retrait avec des intentions de vote variant entre 6,5 et 9 %. Actuellement, ils semblent incapables d’unir leurs électorats, rapporte TopTribune.
Une notoriété nationale toute neuve pour Lisnard
Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop, souligne une « percée » de Lisnard, qui a réussi à gagner en notoriété, passant de 33 % de reconnaissance à 75 % auprès des Français. Lisnard, récemment quitté des Républicains pour une candidature solo, exploite activement les médias sociaux pour renforcer sa visibilité. Dabi note que la compétition avec Retailleau est d’autant plus serrée qu’il y a quelques mois, Retailleau dominait encore.
Une stagnation pour Retailleau qui peine à décoller
Bruno Retailleau, désigné candidat par les adhérents de son parti, ne parvient pas à s’imposer, en partie à cause de l’héritage d’Emmanuel Macron. Un membre influent du parti attribue cette stagnation à son passé ministériel au ministère de l’Intérieur, affirmant que tout ce qui est associé à Macron est désormais contesté. En contraste, Lisnard, qui n’a pas eu de fonction gouvernementale, reste fidèle à un discours libéral et sans compromis.
À la fin, il n’en restera qu’un
Au sein de l’équipe de Retailleau, on assure qu’il n’y a pas d’inquiétude face à la montée de Lisnard. Ceux-ci préfèrent envisager une éventuelle union entre les deux candidats avant le démarrage officiel de la campagne, prévu entre fin janvier et début février. Robert Ménard, maire de Béziers, suggère que les deux rivaux éviteront de s’affronter directement et que l’un d’eux pourrait se retirer pour renforcer la candidature de l’autre.
Leurs programmes respectifs partagent plusieurs points communs, notamment la promesse de la retraite par capitalisation et d’importantes économies sur le quinquennat. Cependant, les styles diffèrent, avec Lisnard promettant de simplifier la bureaucratie et Retailleau menaçant de sortir le « bulldozer » pour un changement radical.
Une problématique demeure quant à l’union de leurs électorats. Dabi note que selon les sondages, les deux candidats ne parviennent pas à se regrouper efficacement. Bien que Retailleau soit en tête chez les partisans de droite, Lisnard capte aussi des voix issues de différents segments, y compris ceux proches de Macron et Zemmour.
Dans l’entourage de Retailleau, on évoque la possibilité de créer une dynamique intéressante par une coopération future, soulignant qu’ensemble, ils pourraient atteindre près de 15 %, un score qui les rapprocherait du seuil pour le second tour.
