La France et d’autres États membres de l’UE s’opposent à l’entrée du Canada comme « membre associé »
Alors que le rapprochement entre Bruxelles et Ottawa semble se concrétiser, plusieurs voix dissonantes s’opposent à l’entrée du Canada en tant que « membre associé » dans l’Union européenne. La France est notamment dans cette position, aux côtés de l’Allemagne et de l’Italie qui pointent du doigt l’actuel manque de clarté concernant le statut qu’obtiendrait le pays d’Amérique du Nord, rapporte TopTribune.
Ce rapprochement entre l’Union européenne et le Canada se poursuit. À l’origine de l’initiative, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen qui, depuis septembre 2026, propose le statut de « membre associé » à l’UE pour le pays nord-américain. Concrètement, le statut de membre associé permettrait au Canada de devenir un vrai partenaire économique des 27 États membres. Ainsi, le Canada aurait la possibilité de participer directement à la base industrielle de défense européenne, aux projets arctiques conjoints et de coopérer aussi sur les thématiques de l’intelligence artificielle et sur les services financiers avec les autres membres de l’UE.
Ce rapprochement s’est notamment accéléré après les menaces répétées du président américain Donald Trump, qui clamait vouloir faire du Canada le 51e État des États-Unis. En parallèle, le pays fait face à une guerre commerciale avec son voisin américain alors que Trump qualifie de « ridicule » la dynamique entre l’UE et le Canada.
Interrogations au sein des pays membres de l’UE quant à ce statut de « membre associé »
Cependant, ce rapprochement suscite des interrogations au sein des États membres de l’Union européenne. Plusieurs pays, dont la France, expriment leur scepticisme à l’égard de ce nouveau statut proposé par Ursula Von der Leyen. Aux côtés de l’Allemagne et de l’Italie, la France dénonce le caractère « flou » et « prématuré » de cette initiative.
Un diplomate européen a même déclaré à Politico que « nous avons mis la charrue avant les bœufs ». Ces États reprochent à la Commission européenne d’avoir annoncé ce partenariat avec le Canada sans en préciser les contours juridiques et politiques. De plus, ils soulignent l’absence de débats et de discussions sur ce sujet au sein des institutions européennes.
Les divergences entre les États membres se font également sentir concernant les domaines de collaboration potentiels. Par exemple, concernant l’énergie nucléaire, alors que la France, la Slovaquie et la Roumanie sont favorables à un approfondissement des relations, l’Autriche s’oppose catégoriquement.
Les représentants de l’UE et du Canada doivent se réunir le 29 et 30 octobre prochains lors d’un sommet à Montréal pour clarifier ce statut de « membre associé » et ses conséquences pour les relations entre le Canada et les 27 États membres.
