Puissance verte : un mouvement pour intégrer l'écologie dans la droite française

Puissance verte : un mouvement pour intégrer l’écologie dans la droite française

11.10.2026 07:26
3 min de lecture

L’écologie doit-elle être une préoccupation de droite ? C’est en tout cas l’objectif de Puissance Verte, un mouvement initié par la maire LR de Taverny, Florence Portelli, et Ferréol Delmas, directeur général du think tank Écologie responsable. Le 4 octobre, ils ont réuni des élus et des experts à Amboise pour présenter leur projet, visant à inciter les élus du centre et de la droite à intégrer davantage les enjeux environnementaux dans leurs politiques, rapporte TopTribune.

Ce projet a vu le jour suite à une prise de conscience provoquée par le nombre croissant d’incendies et de canicules cet été. « La droite doit urgemment s’emparer de ces sujets, » affirme Florence Portelli, qui est également vice-présidente de l’AMF et présidente déléguée de la région Île-de-France. Selon elle, les revendications proviennent surtout des élus locaux engagés dans l’écologie à une échelle municipale, départementale et régionale.

Une volonté de redéfinir l’écologie à droite

Lors de ce lancement, Basile Imbert a noté que dernièrement, « la droite réessaie d’inventer son écologie et de se ressaisir de cette question ». Doctorant en sciences politiques à l’université de Montpellier et élu du Parti socialiste, il explique que les partis de droite ont toujours oscillé entre des positions favorables et ambivalentes sur l’écologie. Comme le souligne l’exemple de Nicolas Sarkozy, « qui fait à la fois le Grenelle de l’environnement en 2008 et, deux ans plus tard, déclare, ‘l’environnement, ça commence à bien faire’ ». Il précise également que la droite est souvent attendue sur des questions de sécurité, de dette et d’immigration.

Basile Imbert met en avant que Puissance Verte paraît amorcer une nouvelle tendance. « Beaucoup de mouvances de droite étaient présentes, pas seulement Les Républicains. Il y a une volonté d’ouvrir à Jean-Louis Borloo, à Horizons… », souligne-t-il. Ce projet semble plus ambitieux que par le passé, créant un espace pour émerger des idées écologiques, alors qu’il n’y avait jusqu’alors aucune grande référence sur laquelle s’appuyer.

Une approche incitative de l’écologie

Avec Puissance Verte, Florence Portelli cherche à faire remonter les attentes et les difficultés des élus locaux en matière d’écologie au sein des partis de droite et du centre. Elle déplore que les questions environnementales soient souvent négligées au niveau national, notant que certains élus, de gauche comme de droite, s’impliquent dans l’écologie sans même s’en rendre compte, agissant parfois par pur bon sens. « Pour économiser, il vaut mieux recycler les déchets que de les jeter », fait remarquer Basile Imbert. La nouveauté réside dans le fait qu’ils assument désormais leur appartenance politique tout en intégrant l’écologie, affirme-t-il.

Pour Florence Portelli, l’écologie ne doit pas être la prérogative de la gauche. Elle critique par exemple Les Écologistes pour leur approche jugée punitive, tandis qu’elle souhaite que la droite et le centre adoptent une attitude plus incitative : « Ce que porte l’écologie de droite, ce n’est pas la croissance à tout prix, mais une croissance plus saine. » Elle insiste aussi sur la nécessité de réduire la dépendance aux produits importés, soulignant que notre PIB ne tient pas compte des normes écologiques actuelles.

En faveur d’un mix énergétique

Malgré tout, Florence Portelli admet que la droite a encore du chemin à parcourir sur l’écologie. Elle se positionne en faveur du nucléaire, qu’elle considère comme une fierté de la droite, mais elle critique l’opposition entre nucléaire et énergies renouvelables. « C’est regrettable de réduire cela à la seule polémique sur les éoliennes », déplore-t-elle. Basile Imbert abonde dans ce sens, affirmant que l’écologie de droite sans le nucléaire ne serait pas envisageable, car il s’agit de l’ADN politique historique de la droite en France.

Reste à voir si cette dynamique perdurera

Puissance Verte vise à représenter les attentes écologiques des électeurs de droite. En effet, plus de 74 % des électeurs LR souhaitent doubler la capacité éolienne et solaire d’ici 2030, mais cela ne se reflète pas dans les décisions prises à l’Assemblée nationale. En juin 2025, les députés de droite ont voté un moratoire sur le développement de nouvelles installations utilisant l’énergie solaire et éolienne. Pire, le candidat à la présidentielle des Républicains, Bruno Retailleau, a proposé de « sortir du piège de l’idéologie écologiste » et de stopper le financement public des énergies renouvelables.

Puissance Verte, bien qu’elle ne soit pas un parti, souhaite peser dans la campagne présidentielle à venir. « Nous veillerons à ce que les questions environnementales soient intégrées dans les différents programmes de la droite et du centre », assure Florence Portelli. Cependant, Basile Imbert rappelle que les représentants de droite viennent d’un paysage politique où ils mobilisent l’écologie tout en continuant à la diaboliser par moment, concluant ainsi sur une incertitude : « Est-ce que ça va durer ? Je ne sais pas. »

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