Le débat autour de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles a pris une tournure critique mercredi à l’Assemblée nationale. À moins d’une semaine d’un vote solennel prévu mardi, les discussions ont été marquées par la mention répétée du « Medef » concernant la responsabilité des entreprises face aux violences subies par leurs salariées, rapporte TopTribune.
La soirée a été particulièrement tendue lors de l’examen de l’article relatif aux violences au travail. La loi prévoyait que les négociations collectives incluent les violences subies dans le cadre professionnel ainsi que les violences domestiques ayant des répercussions sur la vie professionnelle. Cependant, un amendement proposé par Danielle Brulebois (Renaissance) a été adopté, supprimant la prise en compte des violences privées. Selon elle, le cadre juridique actuel permet déjà aux entreprises de considérer ces impactes.
La gauche vent debout contre l’amendement Brulebois
« Je suis sidérée, l’adoption de cet amendement est un scandale », a déclaré l’écologiste Clémentine Autain, en mettant en avant l’impact tangible des violences domestiques sur le travail, évoquant les arrêts maladie et les changements d’affectation. La députée communiste Elsa Faucillon a dénoncé « un énorme recul » qui remet en question « la responsabilité des entreprises », accusant le Medef d’influencer négativement le texte. Gabrielle Cathala (LFI) a critiqué cela comme une « liste de courses » visant à « détricoter » la loi.
Danielle Brulebois a reconnu que certains de ses amendements avaient été « travaillés » en collaboration avec le Medef, ce qui est une pratique courante pour les députés. « Vous défendez les amendements de L214, moi, je défends les amendements du Medef », a-t-elle défendu, affirmant agir pour les « entreprises qui créent de l’emploi et de la richesse ». En réponse, Clémentine Autain a rétorqué qu’elle ne soutenait que les « chefs d’entreprise » et non ceux réellement impliqués dans la création de richesses.
Cette initiative, très attendue des associations féministes et pour la protection de l’enfance, vise à apporter une réponse globale aux violences sexistes et sexuelles. Le texte traite de la prévention, du soutien aux victimes et de la réponse judiciaire. Les députés doivent maintenant réexaminer de nombreux articles, l’examen devant reprendre vendredi.
