
Le 29 septembre 2026, huit syndicats de la fonction publique annoncent une grève unitaire en réponse au gel du point d’indice. Cette journée verra la participation d’enseignants, de soignants, de pompiers et d’agents administratifs, avec des manifestations qui devraient se chiffrer entre 150 et 170. Les syndicats dénoncent ainsi une perte de pouvoir d’achat équivalente à près de 20 points depuis 2017, dans le but d’agir sur le gouvernement avant la présentation du budget 2027, rapporte TopTribune.
Une unité syndicale inédite
L’intersyndicale, regroupant la CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, transcende les clivages traditionnels entre différentes écoles syndicales. Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique, a averti : « Si les rémunérations des agents de la fonction publique ne sont pas revalorisées, je dis au gouvernement : ‘Assez !’ » Cela pourrait bientôt surpasser les chiffres de la mobilisation de décembre 2024, où entre 130 000 et 200 000 personnes avaient répondu présentes.
Le gel du point d’indice pour 2027, base des rémunérations des fonctionnaires, constitue le déclencheur principal de cette grève. Les syndicats jugent inadmissible une telle mesure face à une inflation galopante qui ronge le pouvoir d’achat. Luc Farré souligne que les agents partagent une inquiétude commune sur leur pouvoir d’achat et leur désir de reconnaissance.
Revendiquer plus qu’une revalorisation salariale
Selon l’INSEE, depuis 2017, l’inflation a grimpé à 24,17%, tandis que le point d’indice n’a crû que de 5% sur la même durée. Cet écart de 19 points alimente les revendications. Au-delà de la question salariale, les syndicats exhortent à une reconnaissance accrue, face à des difficultés de recrutement et à des départs anticipés, qui compromettent la continuité des services publics essentiels. Cette grève illustre une frustration sociale plus vaste, notamment partagée par d’autres secteurs tels que les électriciens et gaziers.
Entre 2017 et 2026, les fonctionnaires n’ont pas bénéficié d’une véritable augmentation de salaire. Les revalorisations obtenues n’ont pas compensé la hausse des prix, et le gel pour 2027 prolonge cette stagnation, alors que le taux de chômage a atteint 8,3% au deuxième trimestre 2026, accentuant les défis rencontrés par les agents publics.
Les secteurs en grève
La grève du 29 septembre concerne tous les segments de la fonction publique : État, territoriale et hospitalière. Enseignants, soignants et pompiers, déjà éprouvés par diverses réformes, prennent part en grand nombre au mouvement. Les agents des impôts, les personnels municipaux et régionaux, les cheminots du syndicat SUD-Rail, ainsi que les agents de France Travail et les salariés de Radio France, se joignent également à la mobilisation. Cette participation variée témoigne de la transversalité des revendications.
Environ 150 à 170 rassemblements sont planifiés à travers le pays, permettant à chaque agent de s’impliquer. Paris devrait accueillir plusieurs cortèges, dont un spécifique pour les pompiers. Les grandes villes et les communes de taille moyenne verront défiler des fonctionnaires ainsi que leurs soutiens. Malgré certaines inquiétudes, les perturbations des transports s’annoncent minimes, avec un trafic normal sur les réseaux RATP et SNCF, facilitant ainsi la participation aux manifestations.