Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major, vise à vaincre Netanyahou aux élections
Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et leader du parti Yashar, se prépare à affronter Benjamin Netanyahou lors des élections législatives du 27 octobre. Avec une popularité croissante dans les sondages, ce pragmatique centriste doit prouver sa capacité à transformer son expérience militaire en projet politique concret, rapporte TopTribune.
À 66 ans, Eisenskot, affichant un sourire confiant dans son costume noir, est présent sur les affiches du parti Yashar, de Tel-Aviv à Haïfa. Il proclame : « Il y a une alternative : des valeurs, le sionisme, la sécurité. » À un mois des élections, il monte en popularité face à Netanyahou.
Bien qu’il ne suscite pas l’hystérie des foules lors de ses meetings, sa force réside dans son image de militaire expérimenté et d’homme du peuple. Son parcours a débuté par des études maritimes à Eilat avant qu’il n’intègre la brigade Golani. Après avoir été l’assistant militaire d’Ehud Barak et d’Ariel Sharon, il devient en 2015 le premier chef d’état-major d’origine marocaine, après 37 ans de service.
Un parcours militaire complexe
Certains soutiens de droite perçoivent son pragmatisme comme un risque pour Israël. En 2013, Eisenkot avait exprimé son aversion pour la violence envers les civils, déclarant : « Je ne veux pas voir un soldat vider son chargeur sur une fille de 13 ans. » Bien qu’il ait perçu l’Iran comme une menace, il ne l’a pas considérée comme existentielle. Son passé militaire prouve qu’il défend une approche basée sur la dissuasion par la puissance tout en appelant à un procès pour Elor Azaria, un soldat ayant tué un Palestinien blessé à Hébron, contrairement à la position de Netanyahou qui espérait exonération.
Après quatre ans à la tête de l’armée, Eisenkot a été membre du gouvernement d’union nationale formé après l’attaque du 7 octobre 2023. Cependant, la perte tragique de son fils Gal-Meir, tué à Gaza, a renforcé son image de symbole national. Lors des funérailles, la voix habituellement stoïque du général s’est brisée : « Nous ferons tout pour être dignes, pour ceux qui se sont sacrifiés, et pour tout le peuple israélien qui est à nos côtés dans ces moments difficiles. »
Gideon Rahat, professeur de sciences politiques, souligne la dichotomie entre Eisenkot et Netanyahou : « Netanyahou a son fils à Miami, tandis qu’Eisenkot a perdu son fils au combat. » De plus, deux de ses neveux ont également été victimes du conflit.
Des ambitions politiques claires
Après avoir quitté le gouvernement, Eisenkot a critiqué Netanyahou pour son manque de direction. Il a exprimé son opposition à une frappe massive contre le Hezbollah et a appelé à une enquête indépendante sur les événements du 7 octobre, ainsi qu’à un service militaire obligatoire pour tous.
Sur la scène internationale, Eisenkot refuse l' »hypocrisie internationale » et répond aux déclarations d’Emmanuel Macron concernant la présence du Hamas en Cisjordanie. Selon Gideon Rahat, son approche au sein d’une future coalition pourrait marquer un tournant, avec des alliés plus orientés vers les relations extérieures d’Israël. Toutefois, la transition du commandement militaire au pouvoir politique reste un défi. « Il semble avoir de bonnes intentions concernant l’exercice du pouvoir. Seulement, il n’a pas beaucoup d’expérience », conclut le politologue.