La Cour des comptes appelle à réduire la masse salariale de la fonction publique de 20 milliards d'euros d'ici 2029

La Cour des comptes appelle à réduire la masse salariale de la fonction publique de 20 milliards d’euros d’ici 2029

22.09.2026 09:16
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Réduction des effectifs et gel des salaires recommandés par la Cour des comptes

La Cour des comptes a préconisé une réduction des effectifs et un gel des salaires pour atteindre un objectif de 20 milliards d’euros d’économies dans la fonction publique d’ici trois ans, dans l’optique de ramener le déficit public à 3 % du PIB d’ici 2029. Cette recommandation constitue un net contraste avec les revendications des syndicats, qui s’opposent aux gels des salaires des agents publics et prévoient une grève le 29 septembre pour protester contre leurs conditions de rémunération, rapporte TopTribune.

En contrepoint, la Cour souligne que « le salaire net des agents en place » a « augmenté en euros constants », avec une masse salariale brute des administrations publique ayant grimpé d’environ 90 milliards d’euros depuis 2012, atteignant 362,1 milliards d’euros en 2024. Selon l’institution, la « rémunération moyenne » indique des gains individuels de pouvoir d’achat pour les agents publics.

Impact de l’inflation sur les salaires

La Cour des comptes s’appuie sur l’indicateur de la « rémunération moyenne nette des personnes en place » (RMPP) pour mesurer la variation des salaires. Entre 2012 et 2026, la RMPP a enregistré une hausse de 15,1 % pour la fonction publique d’État, de 1,5 % pour la fonction publique territoriale et de 23,4 % pour la fonction publique hospitalière. Cependant, cette mesure ne reflète pas la revalorisation globale des salaires, limitée à 5 % depuis 2017, alors que l’inflation cumulée a atteint 24,17 % durant la même période.

Conséquences de la réduction des effectifs

En 2026, environ 862.000 agents publiques sont rémunérés en dessous du salaire minimum, forçant le gouvernement à leur accorder une « indemnité différentielle » visant à respecter un décret de 1991. La Cour des comptes a recommandé une « sous-indexation concertée » du point d’indice et un ralentissement des avancements de grade pour améliorer la gestion des ressources humaines dans ce secteur. Elle appelle également à un « levier prioritaire » de réduction des effectifs, en privilégiant la non-remplacement des départs à la retraite.

Cependant, cette réduction devra être « modulée » selon les besoins spécifiques de chaque secteur de la fonction publique, en tenant compte, par exemple, de l’évolution des besoins en santé liés au vieillissement démographique.

Maintien de l’attractivité de la fonction publique

Pour le budget 2027, le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ores et déjà exprimé son souhait de geler le point d’indice des fonctionnaires, y voyant une économie nécessaire pour atteindre un déficit public de 5 % du PIB, une décision qui a immédiatement suscité des controverses au sein des syndicats.

D’après la Cour des comptes, le futur des agents publics dépendra de la capacité à garantir « une progression de la rémunération » et à maintenir l’attrait de leurs métiers, une nécessité soulignée par un rapport de France Stratégie, qui a révélé que 15 % des postes offerts aux concours de la fonction publique d’État étaient restés vacants en 2022. En 2024, la fonction publique comptait 5,88 millions de postes, une augmentation de 475.000 depuis 2012, intensifiant la proportion d’agents publics dans la population de 83 à 85 pour 1000 habitants.

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