Assurances automobile et habitation : ce que les Français peuvent anticiper en 2027

Assurances automobile et habitation : ce que les Français peuvent anticiper en 2027

21.09.2026 13:16
3 min de lecture

Les assurances pénètrent dans une phase où le tarif moyen devient de moins en moins révélateur du montant que chacun devra réellement acquitter. En 2027, les primes devraient encore grimper, mais les disparités pourraient se manifester de manière particulièrement marquée en matière d’habitation. En effet, la localisation du logement, le risque de sécheresse ou d’intempéries, ainsi que les caractéristiques du véhicule, vont de plus en plus influencer les tarifs, qui tendent à refléter plus fidèlement le risque pris en charge par l’assureur, rapporte TopTribune.

Assurances : la hausse de 2027 pourrait cacher d’importants écarts

Les premières estimations donnent une idée générale. Facts & Figures prévoit une hausse moyenne comprise entre 5% et 6% pour l’assurance multirisque habitation en 2027, tandis qu’Addactis évoque une fourchette de 6,5% à 7,5%, d’après des données relayées par Le Figaro. Pour l’assurance automobile, les prévisions sont plus modérées : +3% à +4% pour Facts & Figures, et +3,5% à +4,5% pour Addactis.

Il est important de noter que ces chiffres représentent des moyennes. Ainsi, cela ne signifie pas qu’un assuré observera nécessairement une augmentation de 7,5% de son contrat d’habitation, ou de 4,5% pour son assurance auto.

Concernant les logements, la localisation devrait influencer significativement les tarifs. « On constate une segmentation tarifaire de plus en plus prononcée », remarque Cyrille Chartier-Kastler, le fondateur de Facts & Figures, comme mentionné par Le Figaro. Dans les zones les plus vulnérables à certains événements naturels, en particulier les tempêtes ou le phénomène de retrait-gonflement des argiles, des revalorisations allant jusqu’à 18% sont prévues.

Ce changement de stratégie tarifaire coïncide avec une transformation de la carte des risques. En effet, depuis juillet 2026, 55% de la métropole française est classée comme exposée à un risque moyen ou élevé de retrait-gonflement des argiles, alors qu’auparavant, ce chiffre était de 48%. Selon Géorisques, 12,1 millions de maisons individuelles se trouvent dans cette zone de risque, représentant 61,5% des maisons de l’Hexagone.

Le retrait-gonflement des argiles est causé par des variations de l’humidité dans les sols. Pendant les périodes sèches, ces sols se rétractent, puis se dilatent avec l’humidité, entraînant des fissures pouvant endommager les fondations des bâtiments.

Les enjeux financiers liés à ce problème sont considérables. Géorisques estime que les sinistres assurés résultant de ce phénomène pour l’année 2022, en raison de la sécheresse, s’élèvent à entre 3 et 3,5 milliards d’euros.

« Le risque majeur est lié au phénomène de gonflement des argiles. Un nombre record de maisons risquent d’être fissurées dues à la sécheresse », met en garde Cyrille Chartier-Kastler, selon Le Figaro.

Habitation et automobile ne suivent plus la même tendance

La disparité entre les prévisions de l’assurance automobile et habitation est significative. Les deux marchés sont soumis à des dynamiques différentes.

Pour ce qui est de l’habitation, le montant des indemnisations demeure élevé. France Assureurs a enregistré près de 4,2 millions de sinistres indemnisés en 2025, ce qui représente une charge de 7,9 milliards d’euros. Les dégâts des eaux comptent pour 39% des sinistres.

Malgré une diminution de 9,1% de la fréquence des sinistres habitation cette même année, cette situation paradoxale s’explique par l’augmentation des coûts des dommages. Selon France Assureurs, le coût moyen des incendies a connu une hausse de 118% en vingt ans, augmentant encore de 12% en 2025.

Les événements naturels apportent une autre multitude de variables. France Assureurs estime à 5,1 milliards d’euros le coût de ces événements pour les assureurs en 2025, et prévoit que le coût cumulé de ces événements atteindra environ 143 milliards d’euros entre 2020 et 2050.

En revanche, l’assurance automobile devrait connaître une hausse moins prononcée en 2027. Le ralentissement de la hausse des prix des pièces, couplé à une réduction de la circulation routière, contribue à modérer les prévisions.

« Avec l’augmentation du coût des carburants, les Français conduisent moins, entraînant une baisse de 3 à 6% de la circulation, ce qui limite le nombre d’accidents et, par conséquent, des indemnisations », explique Cyrille Chartier-Kastler au Figaro.

Cependant, les réparations automobiles restent coûteuses. L’essor technologique des véhicules introduit de nombreux composants, comme des capteurs, caméras, radars ou de l’électronique embarquée, qui augmentent le coût des interventions.

Une étude de France Assureurs sur près de deux millions de véhicules montre que le coût d’indemnisation d’un accident est en moyenne 11% plus élevé pour un véhicule électrique que pour un véhicule thermique de même génération. Cet écart s’élève à 14% pour la garantie dommages et à 28% pour le bris de glace.

Cependant, ces chiffres ne signifient pas qu’une assurance pour véhicule électrique sera systématiquement 11% plus onéreuse ; ils concernent uniquement le coût des indemnisations après accident, illustrant l’évolution des dépenses auxquelles les compagnies doivent faire face.

Ainsi, pour les assurés, les prévisions pour 2027 doivent être interprétées comme des tendances plutôt que comme une indication précise de l’augmentation à venir. Dans le secteur de l’habitation comme de l’automobile, la moyenne nationale masque une tarification de plus en plus influencée par les caractéristiques spécifiques du bien couvert et le risque qu’il représente.

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