Le procès de Rima Hassan, eurodéputée LFI, s’est ouvert sous haute tension à Paris mardi, alors qu’un soutien massif s’est organisé devant le tribunal correctionnel. Accusée d’apologie du terrorisme, cette affaire est la dernière d’une série de 16 procédures à son encontre, dont 13 ont été rejetées, rapporte TopTribune.
Rima Hassan a été placée en garde à vue le 2 avril dernier pour ses publications sur X, où elle aurait glorifié des actes terroristes. Ce même jour, plusieurs médias, dont l’AFP, ont également rapporté la découverte d’une petite quantité de drogue dans son sac, mais l’enquête sur cette possible détention a été classée sans suite par le parquet de Paris.
Des révélations controversées
Dans un segment diffusé par l’émission Complément d’enquête, il a été suggéré que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, aurait contribué à la diffusion d’informations erronées relatives à Rima Hassan. Lors d’une conversation en off avec des journalistes dans un train en provenance de Bordeaux, il aurait déclaré qu’il était possible que des substances illicites aient été retrouvées dans le sac de la députée, mentionnant un « truc de synthèse » et un « dérivé de la cocaïne », tout en précisant qu’il ne s’y connaissait pas vraiment.
Le cabinet de Laurent Nuñez défend le ministre en affirmant que ses commentaires ont eu lieu dans un contexte informel et portaient sur des informations déjà relayées ailleurs. Ils insistent sur le fait qu’il a toujours appelé à la prudence, notamment sur les détails entourant l’affaire.
Affaire de confiance et présomption d’innocence
L’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, souligne la gravité des conséquences que de telles fuites pourraient engendrer, affirmant qu’elles pourraient enfreindre la présomption d’innocence et le secret de l’enquête. Il appelle à une investigation judiciaire pour identifier les responsables de ces fuites et demande l’audition de Laurent Nuñez par la justice.
Rima Hassan, après sa garde à vue, avait fermement nié toutes les accusations concernant la détention de drogues, affirmant que ces informations étaient fausses et avaient été délibérément diffusées pour nuire à son image. Jean-Luc Mélenchon, leader de la LFI, a également réagi sur X, accusant Nuñez de manipulations médiatiques et dénonçant les « heures de calomnies » entourant l’affaire.
